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Le président turc menace d'ouvrir les frontières aux migrants vers l'Europe

Le président turc Recep Tayyip Erdoğan a menacé vendredi d'ouvrir les frontières au lendemain d'un vote du Parlement européen demandant le gel des négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE
Erdoğan a averti l’UE de « garder à l’esprit » les conséquences de ce vote parlementaire (AFP)

Le président turc Recep Tayyip Erdoğan a menacé vendredi d'ouvrir les frontières pour laisser passer les migrants voulant se rendre en Europe, au lendemain d'un vote du Parlement européen demandant le gel des négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE.

« Écoutez-moi bien. Si vous allez plus loin, ces frontières s'ouvriront, mettez-vous ça dans la tête », a déclaré le président turc lors d'un discours à Istanbul.

« Mon peuple et moi ne seront pas affectés par ces menaces. »

Le 18 mars, Ankara et Bruxelles ont forgé un accord pour que la Turquie arrête le flux de migrants vers l’Union Européenne (UE) – cet accord a réussi à réduire le nombre de personnes traversant la mer Egée.

La Turquie a accepté d’intensifier le contrôle de ses frontières terrestres et maritimes en échange de l’exemption pour ses ressortissants de visas pour l’espace Schengen et l’accélération des négociations d’adhésion.

Ankara a toutefois accusé Bruxelles de ne pas honorer sa part du contrat.

Dans une résolution adoptée à une très large majorité à Strasbourg, les eurodéputés ont appelé jeudi à « un gel temporaire » du processus d'adhésion entamé en 2005 en raison de la répression « disproportionnée » en cours depuis le coup d'État avorté de juillet.

La résolution est cependant non contraignante et n’a pas été soutenue ni par la Commission européenne, ni par les États membres.

Erdoğan a déclaré que l’UE avait appelé à l’aide en 2015, lorsque des dizaines de milliers de migrants étaient massés à la frontière de la Bulgarie, membre de l’UE.

« Vous avez commencé à vous demander: "Que ferons-nous si la Turquie ouvre ses frontières" ? », a-t-il dit.

Plus d’un million de migrants et de réfugiés ont traversé la frontière européenne en 2015, soulevant les craintes d’une crise sociale dans l’UE et renforçant le pouvoir des partis nationalistes d’extrême droite.

Traduit de l’anglais (original).