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Les blessés de guerre syriens refoulés à la frontière jordanienne

Un garçon de 10 ans est mort après s’être vu refuser l’aide dont il avait besoin, tandis que les combattants syriens blessés se dirigent maintenant vers le plateau du Golan, dans l’espoir d’être soignés en Israël
La situation humanitaire se complique pour les 70 000 réfugiés syriens coincés à la frontière jordanienne depuis que le royaume a bloqué le passage de l’aide humanitaire après un attentat-suicide le 21 juin (AFP)

AMMAN – La Jordanie refuse d’admettre les combattants et civils syriens blessés suite à la fermeture de sa frontière en réponse à l’attentat-suicide du mois dernier près d’un camp de réfugiés, lequel a tué sept soldats jordaniens.

Cette politique a conduit à la mort d’un garçon syrien de 10 ans après qu’il se soit vu refuser le traitement dont il avait besoin fin juin, alors que les combattants blessés se dirigent vers le plateau du Golan pour essayer d’entrer en Israël, qui a soigné plus de 3 000 Syriens ces trois dernières années.

Médecins sans frontières (MSF) indique avoir admis son dernier patient le 21 juin, le jour de l’attaque près de Rukban. Depuis lors, d’autres sont arrivés à la frontière en quête de soins, mais ont été refoulés.

L’organisation a déclaré que cette décision avait affecté des années de travail à l’hôpital jordanien de Ramtha, à cinq kilomètres de la frontière, où plus de 1 000 patients syriens ont été traités pour des blessures de guerre dans un projet commun avec le gouvernement jordanien.

« Depuis l’arrivée de notre dernier patient le 21 juin, d’autres personnes blessées ont tenté d’entrer en Jordanie. Elles avaient besoin des soins médicaux d’urgence mais ont été refoulées suite à la décision générale de fermer la frontière », a déclaré Anne Garella de l’Unité Moyen-Orient de MSF à Middle East Eye.

En conséquence, MSF a indiqué qu’une nouvelle salle de traumatologie d’urgence pouvant accueillir 40 patients à Ramtha était seulement à moitié pleine. Les 16 patients qu’elle accueille reçoivent des soins à long terme ainsi qu’un suivi. Les cas d’intervention d’urgence pour lesquels le service a été conçu, des blessures graves pour lesquelles chaque instant compte, sont coincés de l’autre côté d’une frontière étanche.

À Ramtha, les salles d’opération sont vides tandis que les chirurgiens spécialisés bénévoles venant du monde entier, tuent le temps alors même que le bruit des explosions dans le sud de la Syrie gronde de l’autre côté de la frontière.

« Avec les récents attentats à la bombe dans le sud de la Syrie, sachant qu’il y a des blessures complexes et que les gens ne sont pas évacués, nous pourrions faire plus », a déclaré Anna Garella. « Nous pourrions faire beaucoup plus. »

Beaucoup de ceux refoulés par la Jordanie sont contraints de se diriger vers Damas pour y être soignés, selon des sources en Syrie et en Jordanie.

Un garçon de 10 ans est mort après avoir tenté d’entrer en Jordanie le 26 juin. Il est arrivé dans un établissement de la Société médicale royale à environ 400 mètres à l’intérieur du territoire syrien, tenu par des Jordaniens. Il a cependant été refoulé et est mort le lendemain sur la route menant à la capitale syrienne, pleine de points de contrôle.

D’autres patients se dirigent vers l’ouest à la clôture de la frontière sur le plateau du Golan, dans l’espoir d’une admission en Israël, qui a soigné 3 000 blessés de guerre syriens en trois ans.

Les soins, financés par le gouvernement de l’État d’Israël, ont été décrits par certains comme une initiative de soft power.

Des sources gouvernementales israéliennes ont déclaré qu’il n’y avait pas eu de hausse marquée des admissions à l’hôpital par le biais du Golan, mais cela est probablement dû à une baisse des combats dans les environs de Quneitra, avec les blessés de guerre plus au sud.

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.