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Netflix appelé à déprogrammer Fauda, un « outil de propagande israélien »

La série israélienne Fauda, qui raconte de l’intérieur l’unité spéciale Yamas, est ciblée par une campagne de boycott
La Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël exige de Netflix d'annuler Fauda de son offre (BDS)
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La Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël (PACBI) a demandé à la plateforme Netflix de cesser de programmer la série israélienne Fauda (Chaos), créée par Lior Raz (également personnage principal) et Avi Issacharoff. 

La campagne de boycott explique que cette série « est un outil raciste anti-arabe de la propagande israélienne, qui glorifie les crimes de guerre de l’armée israélienne contre le peuple palestinien ». 

« Faute de quoi, Netflix encourt le risque d’une pression populaire non-violente, voire d’une procédure sur sa responsabilité juridique », avertissent les militants de la PACBI, membres d’une campagne plus large, Boycott, désinvestissement, sanctions, plus connue sous l’appellation BDS. 

La série, de douze épisodes pour sa première saison, a été dans un premier temps diffusée en février 2015 sur la chaîne câblée israélienne Yes Stars et se base sur la poursuite, par le commando Mistaravim, de « la Panthère », un chef dissident du Hamas qui prépare un attentat important.   

« La série Fauda légitime les actes de violence commis contre les Palestiniens dans le territoire palestinien occupé, par les escadrons de la mort de l’armée israélienne, ceux qu’on appelle les Mistaravim, [déguisés en Arabes] », lit-on encore dans le communiqué de la campagne. Les auteurs du scénario, qui étaient membres de cette unité, « ont basé la série sur les crimes de guerre commis par ces escadrons contre des Palestiniens ». 

Un exemple est avancé pour illustrer ce que les animateurs de ce mouvement de boycott, dont le siège est à Ramallah, veulent dénoncer : « L’unité secrète Yamas de l’armée israélienne, qui a inspiré les créateurs de Fauda, opère à visage découvert, habillée comme des civils arabes, ce qui s’apparente à de la ‘’traîtrise’’ en droit humanitaire international. Elle est aussi responsable de nombreux assassinats ciblés, d’exécutions extrajudiciaires, et du meurtre et de l’arrestation violente de manifestants palestiniens non armés, dont de jeunes enfants. De plus, elle contrevient de façon répétée à l’inviolabilité des universités et hôpitaux palestiniens. Ces actes aussi constituent des crimes de guerre en droit international ». 

Affiche de la saison 2 de Fauda (Twitter)

Le quotidien israélien Haaretz a, de son côté, écrit que la série « a rendu romantiques les aspects les plus répugnants de l’occupation israélienne ». 

En mars dernier, le président israélien Reuven Rivlin a organisé une cérémonie rassemblant l’équipe de Fauda, des officier de l’unité spéciale Yamas et des centaines de soldats israéliens. « Lors de cette rencontre, l’équipe de la série a exprimé sa gratitude envers Yamas en tant que ‘’source d’inspiration’’ de la série et de ‘’protecteurs de la vie’’. Quant à Rivlin, il a exprimé sa ‘’gratitude’’ et sa ‘’fierté’’», témoignent les auteurs du communiqué de la campagne de boycott.

Pour ne rien arranger, « Netflix prévoit la sortie de la saison deux en mai prochain, mois qui marquera le 70eanniversaire de la Nakba de 1948, l’expulsion de masse de la majorité de la population palestinienne de ses maisons et la destruction de centaines de ses villes et villages ». 

Neflix a été appelée à appliquer sa norme de responsabilité sociale en tant que diffuseur de programme, comme la plateforme l’a fait en suspendant sa collaboration avec l’acteur américain Kevin Spacey, suite à la campagne contre le harcèlement sexuel.