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Algérie : l’EI en déroute appelle en renfort les filiales de Tunisie et de Libye

Le groupe État islamique (EI), qui a longtemps compté sur les désistements au sein d’al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), peine à recruter en Algérie et lance un appel aux combattants étrangers
Abou Walid al-Sahraoui serait à la tête du groupe se revendiquant de l'EI le plus important en Afrique du nord (capture d'écran Al-Jazeera)

Rien ne va plus pour le groupe État islamique en Afrique du nord. Acculé à Syrte en Libye, isolé dans les maquis tunisiens, il peine aussi à se reconstituer en Algérie depuis que l’armée algérienne a tué une majeure partie du groupe Jund al-Khilafa (Les Soldats du Califat, responsables de l’enlèvement et de l’assassinat de l’otage français Hervé Gourdel en septembre 2014).

Malgré l’assassinat par balles d’un policier, vendredi à Constantine, dans l’est de l’Algérie, revendiqué par la la seriat (celulle) El Ghoraba (Les Étrangers), l’EI en Algérie a beaucoup perdu de son pouvoir de nuisance. Si bien qu’aujourd’hui, ses chefs demandent aux filiales en Tunisie et en Libye des renforts pour la wilaya (province) al-Djazaïr (nom donné par l’EI à l’ensemble de ses cellules dormantes urbaines et sections armées actives dans les maquis algériens), selon une source sécuritaire algérienne jointe par Middle East Eye.

Ancien groupe d’AQMI, la seriat El Ghoraba avait officialisé sa rupture avec Abdelmalek Droukdel (l’émir d’AQMI) et son ralliement à Abou Bakr al-Baghdadi dans un message audio en juillet 2015.

Les services de sécurité algériens sont aujourd’hui à la recherche de deux Tunisiens et de deux Libyens, soupçonnés d’être entrés en Algérie comme renforts pour la seriat El Ghoraba.

« Ils ne sont plus très nombreux mais on sait qu’il peuvent encore frapper, précise à MEE un cadre des services de renseignements. Dans l’est, la seriat El Ghoraba comprend environ une trentaine d’hommes, sous la direction d’un certain Abou Hammam. Au centre, le groupe Jund al-Khilafa en rassemble moins d’une centaine. Le groupe le plus important se trouve au sud, avec à sa tête Abou Walid al-Sahraoui, un ex-combattant d’al-Qaïda qui s’est auto-proclamé chef d’al-Mourabitoune, le groupe fondé par Mokhtar Belmokhtar. »

Arrestations à Annaba, procès à Ouargla

Depuis la mort d’Othmane al-Acimi, chef présumé de Jund al-Khilafa en mai 2015, les combattants de l’EI gardent le plus grand secret autour de l’identité de leur nouveau chef. 

« Sadek Hebbach, alias Abou Doujana, tué le 13 octobre dernier par l’armée algérienne dans la région de Skikda [considérée comme un des maquis les plus importants du pays], présenté parfois comme le nouveau leader, n’était en réalité qu’un des chefs de la région centre », précise notre source.

Selon le quotidien El Khabar, deux hommes, la quarantaine, arrêtés le 18 octobre, ont été placées en détention préventive pour « participation à un réseau de recrutement pour des organisations terroristes » en Algérie.

Ils étaient mandatés par Jund al-Khilafa pour recruter sur la zone d’Annaba (à l’est) des hommes et des femmes capables de combattre en Algérie ou dans trois pays précis : la Tunisie, la Syrie et l’Irak.

Un des deux hommes avait déjà été condamné entre 2010 et 2015 pour des « affaires de terrorisme » et était « étroitement surveillé ».

Lorsque les autorités ont perquisitionné leur domicile, où ils ont été arrêtés, elles ont trouvé du matériel de télécommunication, de nombreux appareils électroniques et documents de propagande pour le recrutement. 

« Leurs contacts sur les réseaux sociaux ont été retrouvés sur leurs téléphone. Parmi eux figurent des chefs de groupes terroristes en Tunisie, en Irak et en Syrie, dont des Algériens qui se trouvent déjà en Tunisie et en Syrie. Leurs contacts via internet laissent aussi deviner qu’ils étaient en lien avec l’ancien et le nouveau commandement de Jund el-Khilafa », précise le quotidien.

A Ouargla, dans le Sahara algérien, quatre suspects ont également présentés devant le tribunal : ils sont accusés d’avoir voulu recruter des combattants.