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L’acquéreur émirati du club israélien de football Beitar soupçonné de blanchiment d’argent  

La Fédération israélienne de football a enquêté sur les finances du cheikh Hamad ben Khalifa al-Nahyane, membre de la famille royale d’Abou Dabi
Une personne jette de l’argent à Moshe Hogg, propriétaire du club de football israélien Beitar, lors de la séance d’entraînement du club à Jérusalem, le 11 décembre 2020 (AFP)
Une personne jette de l’argent à Moshe Hogg, propriétaire du club de football israélien Beitar, lors de la séance d’entraînement du club à Jérusalem, le 11 décembre 2020 (AFP)
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L’achat de la moitié des parts du club de football israélien Beitar par un membre de la famille royale d’Abou Dabi continue à connaître des remous.

Cette fois-ci, ce n’est pas à cause des supporteurs racistes du Beitar Jérusalem dont l’un des slogans fétiches reste « Mort aux Arabes », mais à cause des « affaires » de l’acheteur émirati, le cheikh Hamad ben Khalifa al-Nahyane, qui a déboursé près de 92 millions d’euros pour l’achat de 50 % des parts du club, tout en promettant d’y investir, sur dix ans, 76 millions d’euros.

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Mais d’après des médias israéliens, cette bonne affaire pour le club cacherait quelque chose de pas très sain.

L’enquête a été confiée par la Fédération israélienne de football à Megiddo, une société privée d’intelligence économique. Selon le site d’information économique The Marker, la fédération a mené une enquête sur les finances du cheikh Hamad ben Khalifa al-Nahyane, craignant qu’il y ait un « écart significatif » entre sa fortune déclarée et ce qu’il possède réellement.

Cette enquête a révélé, toujours selon le média israélien spécialisé, que le riche acquéreur émirati possède, en effet, des dizaines de sociétés inactives et « serait lié à des hommes d’affaires impliqués dans du blanchiment d’argent ».

Il en ressort aussi que sur 1,6 milliard de dollars (fortune déclarée du cheikh), 1,5 milliard représente des obligations appartenant au gouvernement vénézuélien. En raison de l’effondrement de l’économie du Venezuela et du fait que Caracas a bloqué leur remboursement, leur valeur apparaît peu sûre. Ces obligations atteignent donc à peine le dixième de leur valeur nominale et ne peuvent même pas représenter une garantie pour obtenir un crédit auprès des banques.

Fréquentations sulfureuses

Alors que le cheikh Hamad ben Khalifa al-Nahyane a affirmé qu’il possédait une propriété au Liban d’une valeur de plusieurs dizaines de millions de dollars, l’enquête de Megiddo a démontré qu’il avait largement surévalué cette propriété.

Toujours au chapitre immobilier, le magnat émirati semble aussi entretenir des relations sulfureuses avec Naum Cohen, un des intermédiaires d’al-Nahyane pour son contrat avec Beitar.

De son vrai nom Nachshon Nachshonov, un Israélien d’origine ukrainienne vivant à Dubaï, il se présente comme « consultant en affaires » pour son ami émirati et aurait fait fortune comme courtier en diamant. Il compterait par ailleurs plusieurs affaires de fraude en Israël. 

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Al-Nahyane a aussi un autre intermédiaire pour le contrat Beitar : Suleïman al-Fahim, un homme d’affaires émirati impliqué dans les accords pour le rachat de Manchester City et du Portsmouth Football Club (propriété de la fille du trafiquant d’armes israélien Arcady Gaydamac). Il a été condamné dans son pays pour avoir volé cinq millions et demi d’euros à sa femme et utilisé des faux documents pour financer l’accord de Portsmouth.

Roman Zeiman, autre associé d'Al-Nahyane, est également dans le collimateur du gouvernement polonais. Ce dernier a mis en garde contre sa société de cryptographie, Futurenet, craignant que ses activités ne constituent une fraude sur le modèle de la pyramide de Ponzi.  

Ces révélations n’ont pas encore été commentées par la Fédération israélienne de football, alors que le propriétaire du Beitar, Moshe Hogg, a réagi en s’offusquant de l’initiative de la fédération. « Nous sommes déconcertés par le comportement des éléments de la Fédération de football, ainsi que par les tentatives d’éléments, en son nom, pour saboter l’accord et nuire gravement l’équipe », a-t-il déclaré.

L’accord de vente n’a pas été encore validé par la fédération.