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Au Liban, une bague en diamants inspirée de l’explosion de Beyrouth jugée « de mauvais goût »

Ce bijou, qui coûte plus de 7 000 dollars, a été créé par la joaillière Nada Ghazal
Cette bague est censée représenter la résilience de Beyrouth mais n’a pas reçu un bon accueil sur internet (capture d’écran/réseaux sociaux/Forbes)
Cette bague est censée représenter la résilience de Beyrouth mais n’a pas reçu un bon accueil sur internet (capture d’écran/réseaux sociaux/Forbes)

Une bague incrustée de diamants champagne, censée symboliser la résilience de Beyrouth après la dévastatrice explosion du 4 août 2020, a suscité une vague de critiques sur internet, beaucoup la jugeant de mauvais goût.

Cet anneau, conçu par la joaillière Nada Ghazal, est en or jaune dix-huit carats dans lequel sont enchâssés des diamants champagne décrits comme une « réminiscence des nuages de poussière qu’elle a vus après l’explosion ».

Cette « Blast Ring » comporte une pointe vers le bas, ce qui symboliserait les défis qui sapent le moral des gens. 

Pour les internautes, le design de cette bague, qui coûte plus de 7 000 dollars, tire profit d’un événement tragique.

Plus de 200 personnes sont mortes dans l’explosion du port de Beyrouth, plus de 6 000 autres ont été blessées et une grande partie de la capitale libanaise a été dévastée.

Certains ont appelé au boycott de la créatrice, tandis que d’autres critiquent le coût de cette bague, soulignant que la plupart des Libanais ne gagnent même pas cette somme en un an du fait de la crise économique.

Traduction : « Au fait, elle coûte plus que ce que gagnent actuellement la plupart des Libanais en un an. »

Près de 3 000 tonnes de nitrate d’ammonium, abandonnées sur le port de Beyrouth depuis cinq ans, ont explosé lors de l’incendie d’un entrepôt – l’une des pires explosions non nucléaires de l’histoire.

Les internautes estiment que le design de cette bague reflète un manque de sensibilité et de réflexion car beaucoup de gens souffrent encore des répercussions de l’explosion, à la fois physiquement et psychologiquement. 

Middle East Eye a sollicité une réaction de Nadia Ghazal, mais n’avait pas obtenu de réponse au moment de la publication.

Traduction: « Encore quelqu’un qui tente de profiter de la peine de milliers d’autres. Et bien sûr, à un prix inabordable pour la plupart des Libanais.

Il y a une grande différence entre exprimer le traumatisme à travers l’art et créer un article de mode inabordable et inaccessible sur le dos de la souffrance de #explosion de Beyrouth. »

Le Liban se trouve dans une situation sans précédent : la terrible crise économique est aggravée par la pandémie et l’explosion du port.

Traduction : « Franchement, c’est tout bonnement méprisable. Indépendamment du prix, même si elle était gratuite, je trouve ça immoral à tous points de vue. »

L’année dernière, une marque d’accessoires libanaise avait également fait l’objet de critiques pour avoir vendu un sac fait à partir de verre provenant de l’explosion.

Vanina, la marque en question, qui vend des sacs et accessoires artisanaux faits au Liban, a été critiquée sur internet, de nombreuses personnes ayant estimé que c’était une façon inappropriée de rendre hommage aux personnes affectées par l’explosion dévastatrice. 

Baptisé « The Silo Bag », ce sac faisait partie d’une collection intitulée « The Light of Beirut » et était censé rendre hommage à la capitale libanaise. 

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.