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Rupture des relations diplomatiques avec l’Algérie : Rabat regrette une « décision complètement injustifiée »

La diplomatie marocaine « rejette catégoriquement les prétextes fallacieux, voire absurdes, qui sous-tendent » la décision d’Alger
« Le Maroc se projette dans les intérêts supérieurs des peuples maghrébins en général, et particulièrement de ceux des peuples algérien et marocain », a défendu Saâdeddine el-Othmani (AFP/Bertrand Guay)
« Le Maroc se projette dans les intérêts supérieurs des peuples maghrébins en général, et particulièrement de ceux des peuples algérien et marocain », a défendu Saâdeddine el-Othmani (AFP/Bertrand Guay)
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Le Maroc a réagi à la décision de l’Algérie de rompre ses relations diplomatiques avec le royaume.

« Le Royaume du Maroc a pris note de la décision unilatérale des autorités algériennes de rompre, à partir de ce jour, les relations diplomatiques avec le Maroc », lit-on dans le communiqué des Affaires étrangères marocaines, rendu public quelques heures après l’annonce algérienne mardi 24 août.

« Le Maroc regrette cette décision complètement injustifiée mais attendue — au regard de la logique d’escalade constatée ces dernières semaines — ainsi que son impact sur le peuple algérien. Il rejette catégoriquement les prétextes fallacieux, voire absurdes, qui la sous-tendent », poursuit le communiqué du département de Nasser Bourita.

« Quant à lui, le Royaume du Maroc restera un partenaire crédible et loyal pour le peuple algérien et continuera d’agir, avec sagesse et responsabilité, pour le développement de relations intermaghrébines saines et fructueuses », conclut les Affaires étrangères du royaume.

De son côté, le chef du gouvernement marocain, Saâdeddine el-Othmani, a déclaré à un média que la « position marocaine rest[ait] claire et a[vait] été exprimée dans plusieurs discours de sa majesté le roi Mohammed VI », évoquant les appels au dialogue du souverain.

« La construction de l’Union du Maghreb arabe et le retour à la normale des relations [entre Alger et Rabat] sont une fatalité »

- Saâdeddine el-Othmani, chef du gouvernement marocain

« Je continue à espérer qu’on arrivera à mettre en pratique ces appels », a poursuivi el-Othmani, ajoutant : « Le Maroc se projette dans les intérêts supérieurs des peuples maghrébins en général, et particulièrement de ceux des peuples algérien et marocain, je regrette énormément ces derniers développements et j’espère qu’on dépassera cette situation prochainement. »

« La construction de l’Union du Maghreb arabe et le retour à la normale des relations [entre Alger et Rabat] sont une fatalité », a encore déclaré Saâdeddine el-Othmani.    

Des médias marocains ont également commenté la décision d’Alger. Pour le journal électronique Le 360, « le régime algérien s’engouffre dans une logique d’escalade », ajoutant : « Si la rupture décidée par Alger ne change rien à des relations qui étaient de fait gelées, elle engage en revanche le régime algérien dans une voie de surenchère. » 

« Il s’agit là d’une nouvelle fuite en avant de la junte au pouvoir, qui essaie par tous les moyens de masquer ses graves échecs dans la gestion de plusieurs dossiers chauds : une gestion catastrophique de la crise sanitaire, une campagne de vaccination qui fait du surplace, l’incapacité des pouvoirs publics à approvisionner les foyers en eau potable, l’impéritie criante du régime à faire face aux feux de forêts… », poursuit le même média.

« Il ne manquait au communiqué [des Affaires étrangères algériennes annonçant la rupture des relations] qu’accuser le Maroc d’être impliqué dans le séisme à Haïti, les inondations en Chine, la pandémie mondiale du coronavirus et les incendies en Grèce, au Portugal, en Turquie, en France, en Espagne, aux États-Unis et au Canada… », écrit le journal Barlamane, commentant les accusations algériennes contre le royaume.

Pour Media24, la décision d’Alger, « préparée et annoncée dans une mise en scène sophistiquée et après un teasing, appuyée et prononcée au nom de son  chef d’État, fait franchir à la région un nouveau palier de tension ».