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Selon les données Spotify, la musique de la région MENA transcende les frontières rapidement

Environ deux tiers des nouveaux artistes de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord découverts le sont en dehors de leurs pays d’origine
De gauche à droite : Saeed Saeed de The National, l’artiste syrienne Ghaliaa qui vit aux EAU, Karima Damir de Sony Music Entertainment Middle East et Mark Abou Jaoude, directeur musique pour les régions MENA et Asie du Sud chez Spotify (Photo fournie par Spotify)
De gauche à droite : Saeed Saeed de The National, l’artiste syrienne Ghaliaa qui vit aux EAU, Karima Damir de Sony Music Entertainment Middle East, et Mark Abou Jaoude, directeur musique pour les régions MENA et Asie du Sud chez Spotify (Photo fournie par Spotify)

La musique de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) traverse les frontières régionales. Les artistes de la région bénéficient d’un élan international constant. Et environ deux tiers des découvertes ont lieu en dehors de la région, selon un nouveau rapport.

La « Fan Study » régionale de Spotify, série de rapports qui analysent différents indicateurs liés aux artistes et auditeurs, révèle de nouvelles informations en ce qui concerne les artistes du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord qui pourraient changer l’avenir de la musique régionale.

Les cinq principaux marchés pour la musique du Moyen-Orient sont les États-Unis, la France, l’Allemagne, le Canada et la Turquie

Lors d’une table ronde le mois dernier, Spotify a présenté six points d’un rapport qualifié d’« exploration des fans sur la base de données », explorant le succès quantitatif des artistes de la région.

Selon ce rapport, les cinq principaux marchés pour la musique du Moyen-Orient sont les États-Unis, la France, l’Allemagne, le Canada et la Turquie – dans cet ordre. Le Royaume-Uni, l’Espagne, le Mexique, les Pays-Bas et l’Italie leur emboîtent le pas en matière de streaming des artistes de la région MENA.

À cette table ronde, modérée par le journaliste Saeed Saeed, participait Mark Abou Jaoude, directeur musique de Spotify pour la région MENA et l’Asie du Sud (hors Inde), l’artiste syrienne montante Ghaliaa, et Karima Damir, directrice marketing et A&R de Sony Music Entertainment Middle East. Selon la plateforme, l’étude explore « le comportement des fans autour du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord ». 

« Nouveaux territoires »

Depuis 2017, la part de morceaux produits hors Amérique du Nord et Europe qui atteignent les charts mondiaux de Spotify a plus que doublé. 

Les collaborations avec des artistes internationaux génèrent un énorme trafic mondial. Selon la plateforme, 96 % des écoutes des collaborations internationales ne sont pas lancées dans le pays d’origine de l’artiste, contre 52 % pour les collaborations nationales et interrégionales. 

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Environ deux tiers des nouveaux artistes de la région MENA découverts le sont en dehors de leurs pays d’origine. 

« C’est génial de voir comment les fans permettent aux artistes de percer dans de nouveaux territoires », a indiqué Abou Jaoude dans un communiqué.

L’une des artistes qui a franchi ce seuil est Ghaliaa, autrice-compositrice-interprète syrienne qui joue de plusieurs instruments et qui vit aux Émirats arabes unis.

Sa musique, qu’elle qualifie d’alternative et indie-pop, comprend des paroles en anglais et en arabe. Elle explique que les données telles que celles-ci l’aident à comprendre ce qui touche son public et, en retour, façonne son travail.

« J’ai commencé à réaliser que les gens aiment ma musique anglaise plus que l’arabe. Et puis certains certaines personnes en Occident aiment plus l’arabe que l’anglais », explique-t-elle à Middle East Eye par téléphone. « C’était un petit peu déroutant au début, puis les chiffres ont beaucoup aidé. »

Les données chiffrées servent d’éléments de conversation autant que d’indicateurs, selon Ghaliaa, qui rapporte qu’avec d’autres artistes, ils « prennent souvent le téléphone » et comparent leurs notes.

« On s’envoie des messages les uns les autres de temps en temps et on vérifie et je demande : “C’est quoi la suite pour toi ? Comment vont tes données ?” », « On n’a pas l’impression d’être une industrie à ce stade. On a juste l’impression d’être une communauté ».

En revanche, les artistes de la diaspora trouvent des valeurs similaires dans les données bien que situés en dehors de la région. 

Playlist ArabX

Yasmeen, autrice-compositrice-interprète assyrienne qui vit aux États-Unis et dont la musique a atterri sur la playlist ArabX de Spotify comprenant des artistes liés à la région, est connue pour ces ballades très expressives et riches. Bien qu’elle vive hors de la région MENA, elle estime que connaître l’audience de sa propre musique renforce un certain sentiment de communauté. 

« Tout a l’air si grand », explique-t-elle à MEE. « Mais quand vous êtes dans ces playlists… vous commencez à découvrir tellement d’autres artistes du Moyen-Orient venant du monde entier ! Lorsque vous êtes dans ce groupe, vous avez l’impression que c’est bien plus petit. »

Les chansons locales de la région MENA atteignent les sommets des charts mondiaux de la plateforme – où les artistes ne venant pas d’Amérique du Nord et d’Europe sont de plus en plus présents – et les collaborations internationales avec les artistes arabes sont en plein essor, évolution jugée « enthousiasmante » par Abou Jaoude.

« Il n’y a jamais eu autant d’endroits différents représentés dans les charts Spotify », indique le rapport. « Ces cinq dernières années, la part de morceaux qui atteignent le top mondial hebdomadaire et ne viennent pas d’Amérique du Nord et d’Europe a plus que doublé. »

Le rapport fait également un clin d’œil à l’album « Arabi » de l’artiste régional Inkonnu, arrivé septième dans le chart « top mondial des premiers albums » de la plateforme, à sa sortie en 2021.

Spotify a également découvert que ce sont les Égyptiens qui partagent le plus les morceaux de la région MENA depuis Spotify, en écoutant plus de 2 700 % plus que la moyenne, selon le rapport. Et à plus grande échelle, l’Irak et l’Égypte passent en boucle les morceaux de leurs artistes favoris, plus que la moyenne mondiale. 

« La musique arabe n’a jamais été autant reconnue sur le plan international et nous sommes enthousiasmés par l’avenir », déclare-t-il. 

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.

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