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Tunisie : un courrier destiné à Kais Saied présumé empoisonné à la ricine

Cette affaire intervient dans un contexte politique et social tendu en Tunisie. Une enquête est en cours pour déterminer la nature de la matière toxique trouvée et les commanditaires
Un courrier ouvert mardi par la chef de cabinet de M. Saied contenait une matière suspecte (AFP)
Un courrier ouvert mardi par la cheffe de cabinet du président Kais Saied contenait une matière suspecte (AFP)

Une enquête a été ouverte en Tunisie après la réception d’un courrier suspect destiné au chef de l’État Kais Saied, ont annoncé mercredi les autorités, la présidence algérienne évoquant, elle, une « tentative d’empoisonnement ».

Un courrier ouvert mardi par la cheffe de cabinet de Kais Saied contenait une matière suspecte et il s’agit aujourd’hui de déterminer sa nature et sa provenance, a précisé la présidence tunisienne à l’AFP.

Personne n’a été indisposé et le courrier n’est pas arrivé entre les mains du président, selon la même source.

Selon le site d’information Tunisie numérique, « ‘’l’incident’’ s’est déroulé mardi 26 janvier, quand un courrier est parvenu à la présidence. Le responsable qui a ouvert le courrier a été alerté par l’odeur inhabituelle qui s’en dégageait. Il a immédiatement donné l’alerte ».

« Tout le courrier a été saisi et soumis à une analyse chimique pour déterminer la nature de la matière qu’il contenait. Le responsable a été hospitalisé et soumis à une surveillance rapprochée et des analyses poussées. La présidence a assuré qu’il se porte actuellement bien », poursuit le même média.

Un contexte tendu

Des médias tunisiens ont évoqué un soupçon de courrier à la ricine, un poison potentiellement mortel.

Le chef du gouvernement Hichem Mechichi a réagi, cité par Mosaïque FM, en appelant mercredi soir le président Kais Saied pour s’enquérir de son état de santé. Hichem Mechichi « a réitéré son soutien au président de la République tout en s’engageant à se tenir à ses côtés face à toute tentative le visant. Il a considéré que toute tentative prenant pour cible la personne du président de la République constitue une menace pour la Tunisie et pour le peuple tunisien ».

En Algérie, la présidence de la République a indiqué dans un communiqué que le président Abdelmadjid Tebboune, hospitalisé en Allemagne, avait pris des nouvelles de son homologue tunisien « après avoir appris la nouvelle de la tentative de son empoisonnement.

Cette affaire intervient dans un contexte politique très tendu en Tunisie, après un bras de fer au sujet d’un remaniement gouvernemental entre Kais Saied, un conservateur indépendant, et le parti d’inspiration islamiste Ennahdha, principal parti au Parlement.

Mardi, des centaines de personnes ont manifesté contre la classe politique et la répression policière près du siège barricadé du Parlement à Tunis, où les députés ont validé un large remaniement du gouvernement.