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La Tunisie cherche à récupérer les enfants des combattants de l’EI en Libye

Une délégation de la police scientifique s’est rendue au siège du Croissant-Rouge libyen à Misrata où les mineurs sont accueillis depuis 2016
Familles de membres de l'EI après leur reddition aux forces peshmergas kurdes près de Tall Afar, en Irak, le 30 août (AFP)
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Une délégation sécuritaire tunisienne de la police scientifique, appuyée par des diplomates, s’est déplacée à Misrata en Libye, selon le quotidien arabophone algérien El Khabar, pour identifier des mineurs tunisiens qui seraient les enfants des combattants du groupe État islamique (EI) afin de préparer leur rapatriement vers la Tunisie.

La délégation a visité le siège du Croissant-Rouge libyen à Misrata (à 200 km à l’est de Tripoli) qui accueille ces enfants depuis décembre 2016. Jusqu’à présent, des tests ADN, menés par la police scientifique, ont été effectués sur six enfants.

Selon des estimations des Nations unies, quelque 5 500 Tunisiens se seraient rendus en Irak, en Syrie et en Libye pour rejoindre les rangs de Daech ou d’al-Qaïda

Cette visite fait suite à une rencontre entre des députés tunisiens, qui s’étaient auparavant rendu au centre du Croissant-Rouge se rendre compte de la réalité des orphelins et des veuves de combattants de l’EI dans les prisons libyennes et avaient demandé au gouvernement tunisien de les récupérer. 

Selon des estimations des Nations unies, quelque 5 500 Tunisiens se seraient rendus en Irak, en Syrie et en Libye pour rejoindre les rangs de Daech ou d’al-Qaïda. Mais parmi ceux qui ceux sont rendus en Libye, beaucoup ont été tués en 2016, lors de la bataille pour Syrte ou lors de l’attaque de Ben Guerdane, à la frontière entre la Tunisie et la Libye, rappelait le Washington Post en septembre 2018.

Un grand nombre de combattants qui se sont rendus en Syrie et en Irak seraient également morts en combattant là-bas. « On estime que les survivants de ces combats font partie d’une poignée de combattants de l’EI qui se tiennent dans l’est de la Syrie ou sont détenus dans des prisons syriennes. Certains sont probablement cachés. D’autres se sont enfuis en Libye ou ont peut-être rejoint une filiale de l’EI dans le nord de la péninsule du Sinaï en Égypte », poursuit le journal. « Près de 800 combattants sont rentrés en Tunisie et la grande majorité d’entre eux sont incarcérés à travers le pays. »

Les Tunisiens se recueillent sur les cercueils des victimes de l’attaque revendiquée par l’EI, le 9 mars 2016 près de la frontière avec la Libye (AFP)

Selon l’Organisation des Tunisiens retenus à l’étranger, 93 mineurs tunisiens, entre 4 et 6 ans seraient bloqués à l’étranger, en Syrie et en Libye, les autorités tunisiennes n’ayant pas agi pour récupérer ces enfants. 

Le 9 janvier dernier, des membres de cette organisation et des familles dont des enfants se retrouvent en Libye et en Syrie ont organisé un sit-in devant le palais présidentiel. 

Mohamed Iqbal Rajab, président de l’association a réclamé la création d’une commission au sein du ministère des Affaires étrangères consacrée à la recherche du sort des Tunisiens bloqués à l’étranger. 

La Tunisie n’est pas le seul pays à être confronté à la prise en charge de ces enfants : environ 450 enfants turcs dans le même cas de figure, âgés de moins de 13 ans, attendent d’être renvoyés chez leurs proches en Turquie. Au-delà de la problématique posée aux gouvernement, un reportage publié en décembre 2018 sur Middle East Eye, témoigne des difficultés de réadaptation pour ces enfants, traumatisés par leur expérience avec l’EI en Syrie ou en Irak.