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Présidentielle algérienne : vote sous tension des Algériens de l’étranger

En France, mais aussi en Belgique, en Suisse ou en Espagne, les appels à boycotter le scrutin présidentiel ont créé tensions et incidents
Samedi 7 décembre, devant le consulat général d’Algérie à Paris (Twitter)

Le vote des Algériens expatriés à l’élection présidentielle s’est ouvert samedi sous tension avec des manifestations devant les consulats de plusieurs villes françaises, dont Bobigny et Saint-Étienne.

À Bobigny, en banlieue parisienne, quelque 150 manifestants étaient présents devant le consulat où est organisé le vote pour les expatriés jusqu’au 12 décembre, rapporte l’AFP. 

« Les gens qui venaient voter ont été copieusement insultés », a décrit une source policière. « Certains manifestants criaient ‘’Traîtres !’’ », a-t-elle ajouté.

Manifestants devant les consulats

Plusieurs dizaines de manifestants se sont également rassemblés près du consulat à Paris, pour contester l’élection et dénoncer le pouvoir en place. 

« Nous sommes ici comme nos concitoyens et confrères en Algérie pour rejeter l’interférence du militaire dans le politique et demander que le pouvoir revienne aux civils », a déclaré à l’AFP Moussaab, un manifestant.

Une centaine de personnes ont également manifesté dans le calme devant le consulat à Nanterre, près de Paris, a indiqué la préfecture des Hauts-de-Seine.

À Saint-Étienne (centre-est), une cinquantaine de manifestants rassemblés devant le bâtiment ont scandé des slogans hostiles au pouvoir algérien en place, a aussi constaté un correspondant de l’AFP.

En plus des drapeaux algériens, ils ont brandi des pancartes « Non au vote », « Non au recyclage du système mafieux » ou « Celui qui vote du 7 au 12 décembre est un traître ».

Un service de sécurité privée était présent à l’entrée du consulat pour faciliter l’accès des votants tandis que des policiers surveillaient la manifestation à distance.

« Traîtres », « bâtards », « assassins »... 

Ceux qui pénétraient dans le bâtiment pour participer au scrutin étaient filmés au smartphone et conspués par les manifestants, qui les ont traités de « traîtres », « bâtards », « assassins » ou « voyous ».

« Les cinq candidats qu’on nous propose ont été mis en place par le gouvernement actuel qui est illégitime. Avant d’organiser des élections, il faut l’installation par l’armée d’un gouvernement de transition qui permette au hirak [mouvement de protestation lancé en février contre le pouvoir] de s’organiser », a déclaré un des manifestants.

Plusieurs associations algériennes de la diaspora en France ont appelé « à rejeter, par tout moyen pacifique, la mascarade électorale du 12 décembre et à observer des sit-in quotidiens devant les centres de vote durant toute la période du scrutin ».

Le site d’informations TSA rapporte qu’à Lausanne, en Suisse, l’opération de vote a été interrompue et que des manifestations ont également eu lieu à Londres, Madrid ou Alicante.

Des incidents ont eut lieu dans certains consulats comme à Bruxelles, où la police a dû intervenir dans l’enceinte même du bureau de vote.

« Les parties qui tentent de perturber l’opération électorale au niveau des bureaux de vote de certains consulats à l’étranger doivent respecter l’opinion de l’autre et bannir le recours à la violence », a précisé le responsable de la communication de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), Ali Draâ, dans une déclaration à la presse.

« Vous êtes dans des démocraties. Vous avez le droit de boycotter l’élection présidentielle mais vous n’avez pas le droit de recourir à la violence ou de faire usage de la force contre un autre citoyen qui veut se rendre aux urnes », a déclaré Ali Draâ.