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Une célèbre actrice syrienne parodie une scène d’attaque chimique

Amal Arafa a enflammé la toile en jouant dans un sketch satirique qui accuse les Casques blancs de créer de toutes pièces des vidéos d’attaques chimiques en Syrie
Dans le sketch, issu de la série Kontak et diffusé à la télévision syrienne le 29 mai dernier, l’actrice joue le rôle d’une maman pleurant la « fausse mort » de ses enfants (capture d'écran)
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Amal Arafa, une actrice syrienne connue pour ses positions pro-Bachar al-Assad, a joué dans une scène prétendant que des Casques blancs, les membres de la défense civile syrienne, ont conclu un accord avec elle pour filmer une scène fictive d’attaques chimiques.

منذ بداية الثورة انقسم الشعب السوري لفريقين كان الأول يحاول جاهداً المطالبة بالحرية والعدالة والكرامة لكافة الشعب وقدم في سبيل ذلك مئات الآلاف من الشهداء فيما كان الفريق الثاني يتغنى ممثلوه وفنانوه دائماً على جراحات الأول ويسخر منها، وفيما يلي مثال بسيط عن حجم التشبيح والسقوط الأخلاقي. مشهد تمثيلي من مسلسل (كونتاك) يسخر من آلام وعذابات الأول.

Posted by Hussam Mahmoud on Tuesday, May 28, 2019

Dans le sketch, issu de la série Kontak et diffusé à la télévision syrienne le 29 mai dernier, l’actrice joue le rôle d’une maman pleurant la « fausse mort » de ses enfants, qui jouent les victimes en échange d’une somme d’argent offerte par les Casques blancs. On peut y voir un réalisateur, accompagné de son caméraman, demander aux « fausses victimes » de crier et de pleurer dans un bâtiment semble-t-il touché par une attaque chimique.

Le sketch a suscité une grande indignation sur les réseaux sociaux, des internautes le qualifiant de « honte ».

Traduction : « #Kontak, la série syrienne, se moque des Casques blancs, [les montrant en train de filmer] de fausses vidéos de bombardements, d’attaques chimiques en Syrie. C’est une vraie ‘’honte’’ car des millions de personnes ont été assassinées, déplacées par les attaques. L’épisode était vraiment dur et impitoyable. »

D’autres internautes ont préféré diffuser de vraies photos des attaques chimiques, montrant par exemple une opération de sauvetage menée par les Casques blancs et interpellant l’actrice dans des tweets ironiques : « Ceci est une vraie scène d’attaque ».

Traduction : « Regardez comment cette scène est montée avec professionnalisme #AmalArafa #Kontak »

Devant l’ampleur des critiques, l’actrice a présenté des excuses sur son compte Instagram.

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أعتذررررر لأي سوري فتحنا له جرحا أو ألماً بحلقة البارحة من مسلسل كونتاك . وصلتني رسائلكم .. وقرأتها .. ولن أنشرها ليس لما تحتويه من شتائم . بل لأنها من الواضح كم تحمل أوجاعاً وآلاماً لم أخلق للحظة كي أستهين بها. سبق وقلت ان كان دمي سيوقف النزيف على ارض بلادي ف أهلا بالموت. والآن وبعد سنوات أعيد ما قلت ومن دمشق وليس من خارجها . أكرر اعتذاري وأعيد قدم أصغر طفل سوري بسياسات الكون . ومن دمشق وليس خارجها . ولو أننا كممثلين عرفنا كيف سيتم مونتاج هذه اللوحة وربط الأحداث ببعضها سيكون على هذا الشكل لكنا طالبنا بعدم عرضها من الأساس . أعتقد أنه كان من حق الألم السوري أن تحذف هذه اللوحة جملةً وتفصيلاً حفاظاً على مشاعر السوري أينما كان وكيفما كانت مواقفه. عندما صورت هذه اللوحة كان المقصود بها البعض ممن تلاعبو بتزييف حقائق .. وليس الاستهزاء لثانية من الموت او من الفواجع التي ألمت بالكثيررررررر . أنا فقدت شهداء من عائلتي واعرف ما تعني هذه الكلمة . كان علينا أن نتروى أكثر قبل أن نقوم بتصويرها ( رغم انها ظرف توضع به الشخصيات) ... أكرر اعتذاري بعد التوضيح . #أمل_عرفة

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« Nous avons ouvert une plaie ou une douleur en jouant le sketch de Kontak. Vos critiques et vos messages ont exprimé des douleurs et des souffrances que je ne peux négliger », écrit Amal Arafa.

« J’ai maintes fois affirmé que si mon sang [en me sacrifiant] empêchait que d’autre sang coule sur le sol de mon pays, alors bienvenue à la mort », poursuit-elle. « Je vous réitère mes excuses […] si on savait à l’avance comment cette scène allait être filmée, on aurait renoncé à sa diffusion. »

« Il est du droit de tous les Syriens qui ont souffert que cette scène soit supprimée », conclut l’actrice.

Selon l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), les forces gouvernementales syriennes ont utilisé du gaz sarin lors d’une attaque qui a tué plus de 80 personnes dans la ville de Khan Cheikhoun (province d’Idleb) en avril 2017.

Middle East Eye avait à l’époque recueilli le témoignage d’un habitant de Khan Cheikhoun. « J’ai découvert des corps éparpillés dans toute la zone […] les victimes étaient en grande majorité des civils », avait-il déclaré.