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« Une si charmante famille » : la sœur de MBS sera jugée à Paris le 9 juillet

Accusée d’avoir ordonné à son garde du corps de frapper un artisan dans son appartement en 2016, Hassa bint Salmane doit être jugée pour complicité de violences volontaires avec usage ou menace d’une arme, complicité de séquestration et vol
Hassa bint Salmane est visée depuis décembre 2017 par un mandat d’arrêt et sera vraisemblablement jugée en son absence (Facebook)
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« Une si charmante famille », « Même le démon peut enfanter », « Heureux celui qui n’a pas encore été démembré », « Dans la famille MBS, je voudrais la sœur ! »… Sur les réseaux sociaux, l’annonce du prochain jugement de Hassa bint Salmane, la sœur du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane (MBS), a suscité de nombreuses réactions sarcastiques. 

Accusée d’avoir donné l’ordre à son garde du corps de frapper un artisan qui effectuait des travaux dans son appartement parisien en 2016, Hassa bint Salmane doit être jugée à Paris le 9 juillet, a appris mercredi l’AFP de source judiciaire.

Traduction : « Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et sa sœur la princesse Hassa bint Salmane n’ont pas besoin d’aller chez le boucher le plus proche pour avoir des côtelettes halal. Ils le font juste eux-mêmes. Je suppose que la famille en est à ses dernières côtelettes à Khashoggi, et c’est maintenant au tour de sa sœur de ramener des provisions »

Hassa bint Salmane, sœur de l’homme fort de Riyad, est visée depuis décembre 2017 par un mandat d’arrêt, notamment pour « complicité de violences volontaires ». 

Elle devrait vraisemblablement être jugée en son absence, représentée ou non par son avocat français.

Les faits remontent à 2016 et avaient été racontés en détail par l’hebdomadaire français Le Point. Le décor : l’appartement de la princesse, avenue Foch, dans le très huppé XVIe arrondissement de la capitale française. 

D’après le récit du plombier venu faire des travaux dans l’appartement, la princesse n’aurait pas apprécié qu’il prenne des photos de la pièce où il devait intervenir. Hassa bint Salmane l’aurait accusé de vouloir les vendre à des médias et aurait donné l’ordre à son garde du corps de le frapper.

« Les gorilles étrangers sont en effet autorisés à porter une arme par le ministère de l’Intérieur, alors que cela est interdit aux professionnels de la sécurité privée de nationalité française, sauf rares exceptions », précise l’hebdomadaire. 

Traduction : « Son frère a égorgé Khashoggi. Elle a failli faire la même chose. Une vraie famille daechienne »

L’artisan affirme avoir été roué de coups, notamment au visage, et humilié. Le garde du corps lui aurait notamment intimé l’ordre de s’agenouiller, les mains ligotées, pour baiser les pieds de la princesse. Il a pu quitter l’appartement au bout de plusieurs heures.

« Il faut le tuer, ce chien »

« Il faut le tuer, ce chien, il ne mérite pas de vivre », s’était emportée la princesse, toujours selon les dires de l’artisan. 

« Selon les policiers qui ont recueilli le témoignage de la victime, les traces de coups étaient encore visibles au moment où il se confiait aux forces de l'ordre», peut-on lire.

« L’artisan affirme que son calvaire a duré près de quatre heures, avant qu’un troisième larron intervienne : il réalise une photocopie de sa carte d’identité et lui enjoint de partir en lui interdisant ‘’l’accès au XVIe arrondissement à jamais‘’. Malgré l’adversité, le petit artisan a demandé à être payé et a présenté sa facture de 20 000 euros. En vain. Et les Saoudiens ont conservé son matériel. »

En août 2018, la juge d’instruction a décidé de renvoyer la princesse devant le tribunal correctionnel pour « complicité de violences volontaires avec usage ou menace d’une arme », « complicité de séquestration » et « vol » d’un téléphone portable, a précisé la source judiciaire.

Son garde du corps, mis en examen le 1er octobre 2016, doit être jugé pour sa part pour « vol », « violences volontaires avec usage ou menace d’une arme » et « séquestration ».

Traduction : « Hassa ben Salmane sur la voie du crime et du despotisme de son frère MBS. Même les pauvres employés n’ont pas pu être épargnés par leur férocité. Une famille qui a le crime en héritage »

Ce n’est pas la première fois que la famille royale saoudiennne a des démêlés avec la justice française. En mars 2013, cette dernière avait ordonné la saisie conservatoire de biens acquis en France par Maha al-Sudaïri, épouse répudiée de l’ancien prince héritier Nayef ben Abdelaziz al-Saoud (décédé en juin 2012), en raison d’impayés.

Celle-ci avait fait parler d’elle lors d’un séjour à Paris, entre le 22 décembre 2011 et le 17 juin 2012, en tentant de quitter l’hôtel de luxe Shangri-La en compagnie de sa suite d’une soixantaine de personnes, laissant au passage une ardoise de près de 6 millions d’euros.