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La France accuse Bachar al-Assad de l’attaque au gaz sarin contre des civils syriens

Un rapport des services de renseignement français indique que seul Assad avait la capacité d’effectuer l’attaque chimique sur Khan Cheikhoun et rejette les allégations selon lesquelles les rebelles en seraient à l’origine
Un enfant syrien est mis à l’abri après une attaque chimique dans le village syrien de Khan Cheikhoun (Reuters)
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Les services de renseignement français ont conclu dans un rapport déclassifié que les forces fidèles à Bachar al-Assad sont responsables d’une attaque au gaz sarin qui a eu lieu dans le nord de la Syrie le 4 avril dernier et que le président syrien ou son entourage le plus proche ont ordonné la frappe.

L'attaque, qui a eu lieu dans la localité de Khan Cheikhon, a fait des dizaines de morts et provoqué une réaction militaire des États-Unis, qui ont mené des frappes de représailles sur une base aérienne du régime syrien – la première attaque américaine directe contre le gouvernement Assad dans le conflit.

Le document de six pages – rédigé par les services de renseignement militaires et étrangers de la France – a pu aboutir à cette conclusion sur la base d'échantillons obtenus à partir de cratères provoqués par l’attaque chimique et du sang d'une victime.

Parmi les produits chimiques retrouvés dans les échantillons se trouve l'hexamine, une composante caractéristique du sarin qui est produite par le gouvernement syrien. La substance a également été trouvée dans les échantillons prélevés sur les victimes d'une autre attaque au gaz sarin menée en 2013 sur la Ghouta orientale, près de Damas.

« Les services de renseignement français considèrent que seuls Assad et certains membres de son entourage le plus influent peuvent donner l'ordre d'utiliser des armes chimiques », peut-on lire dans le rapport.

Les auteurs du document soulèvent également des « doutes majeurs » quant à « l'exactitude, l'exhaustivité et la sincérité du démantèlement de l’arsenal chimique syrien », ajoutant que « la Syrie a maintenu une capacité de production ou de stockage du sarin, malgré son engagement à détruire tous ses stocks et capacités ».

Le rapport indique en outre que les groupes militants actifs dans la région n'avaient pas la capacité de développer et de lancer une telle attaque.

Plus tôt ce mois-ci, le ministre turc de la Santé, Recep Akdağ, a déclaré que des traces de gaz sarin avaient été trouvées dans des échantillons de sang et d'urine de victimes blessées lors de l'attaque chimique de Khan Cheikhoun.

Akdağ a précisé que l'acide isopropyl méthylphosphonique, un produit chimique dans lequel se dégrade le sarin, a été trouvé dans les échantillons de sang et d'urine prélevés chez des patients arrivés en Turquie.

Une trentaine de blessés ont été conduits à travers la frontière après l'attaque, et plusieurs d'entre eux sont décédés.

Les examens post-mortem réalisés en Turquie sur les victimes peu de temps après l'attaque, sous la surveillance de l'Organisation mondiale de la santé, ont conclu qu'il y avait des traces d'exposition au sarin.

Selon la CNN, les services de renseignement américains ont intercepté des communications entre l’armée syrienne et des experts en armes chimiques discutant de la planification d’une attaque chimique dans la province d'Idleb.

La déclaration d'Assad à l'agence de presse AFP le 13 avril dernier, selon laquelle l'attaque aurait été fabriquée, n’est « pas crédible » d’après le rapport, étant donné la grande quantité de victimes affluant dans les hôpitaux syriens et turcs dans un court laps de temps, ainsi que les nombreux rapports sur les réseaux sociaux faisant état de personnes présentant des symptômes liés à des agents neurotoxiques.