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Le rapport Chilcot suggère que l’invasion de l’Irak a conduit à l’essor de l’EI

Les rapports top-secrets du Joint Intelligence Committee ont indiqué qu’al-Qaïda s’est développé en Irak, lequel a évolué en l’EI
Un panneau d’affichage du groupe État islamique à Falloujah, à 50 kilomètres de la capitale irakienne Bagdad, après que les forces irakiennes ont repris la ville assiégée au groupe le 26 juin 2016 (AFP)
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Le rapport d’enquête Chilcot va dans le sens des suggestions selon lesquelles l’émergence du groupe l’État islamique (EI) est en partie due à l’invasion de l’Irak en 2003, selon des documents top-secrets publiés pour la première fois dans le cadre de ce rapport de 2,6 millions de mots.

Les rapports du Joint Intelligence Committee (JIC) britannique pendant la guerre exprimaient dès 2006 l’inquiétude du comité concernant l’essor de groupes militants sunnites extrémistes en Irak.

« Les kamikazes ne manquent pas », indiquait un rapport du JIC de 2007. « Al-Qaïda en Irak [un précurseur de l’EI] cherche à mener de grandes attaques. Nous pensons qu’al-Qaïda en Irak essaiera d’élargir sa campagne sectaire partout où il le peut : les attentats-suicides à Kirkouk ont fortement augmenté depuis octobre, lorsqu’al-Qaïda en Irak a décrété l’établissement du théorique ‘’État islamique d’Irak’’. »

« Un certain nombre de groupes sunnites sont impliqués dans des attaques sectaires, mais nous estimons qu’al-Qaïda en Irak en est à l’avant-garde… Nous pensons que sa campagne a été la plus efficace de tous les groupes d’insurgés, avec un impact significatif au cours de l’année écoulée, et constitue la plus grande menace immédiate pour la stabilité en Irak. Le rythme des attaques meurtrières sur des cibles principalement chiites a été implacable. »

Apparaît également dans le rapport Chilcot une citation d’Eliza Manningham-Buller, directrice du MI5 de 2002 à 2007, expliquant que l’invasion a contribué à la « radicalisation » de certains Irakiens.

« Notre engagement en Irak a radicalisé, faute d’un meilleur mot… quelques-uns d’une génération… [qui] a vu notre engagement en Irak, en plus de notre engagement en Afghanistan, comme une attaque contre l’islam », affirmait-elle.

Les rapports du JIC présentés dans le rapport d’enquête Chilcot contredisent les assertions de l’ancien Premier ministre Tony Blair selon lesquelles le groupe s’est développé en Syrie plutôt qu’en Irak.

Blair a déclaré sur CNN l’année dernière qu’il était injuste de désigner l’invasion de l’Irak comme cause principale de l’essor de l’EI.

« Le Printemps arabe qui a commencé en 2011 aurait également eu un impact sur l’Irak aujourd’hui », a-t-il dit. « Et deuxièmement – [l’EI] a en fait gagné en importance depuis une base en Syrie et non en Irak. »

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.