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Le Royaume-Uni envisage des options militaires en Syrie

Boris Johnson a déclaré devant une commission parlementaire que des « options dynamiques » devaient être étudiées, alors que les avions russes et syriens continuent de pilonner Alep
Selon des représentants de la défense civile, plus de 150 personnes ont été tuées à Alep depuis mardi (Reuters)
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Le Royaume-Uni envisage des options militaires dans le conflit syrien mais toute action doit être intégrée dans une coalition impliquant les États-Unis, a déclaré le ministre britannique des Affaires étrangères ce jeudi.

« Il est vrai que maintenant, nous devrions étudier de nouveau les options les plus dynamiques, les options militaires », a déclaré Boris Johnson à la commission parlementaire des Affaires étrangères. « Mais nous devons rester réalistes sur la façon dont cela fonctionne et sur ce qu’il est possible de faire », a-t-il ajouté.

« Nous ne pouvons rien faire sans une coalition, sans que les États-Unis ne soient de la partie. Je pense qu’il y a du chemin à faire avant d’en arriver là, mais cela ne signifie pas que les discussions doivent s’arrêter ».

Une porte-parole du Premier ministre, Theresa May, a choisi une approche plus prudente : « Il n’y a aucun plan pour une action militaire », a-t-elle affirmé. « Nous travaillons avec la communauté internationale pour voir comment en finir avec ce conflit. »

Le porte-parole a ajouté que « toute une gamme d’options est possible ».

Ces déclarations surviennent après des semaines d’intenses bombardements par les forces aériennes syriennes et russes sur les régions de l’est d’Alep, tenues par les rebelles.

Des centaines de personnes ont été tuées dans les attaques, dont plus de 150 depuis mardi, selon les représentants de la défense civile dans la ville.

En 2013, après la mort de centaines de civils dans des attaques chimiques (depuis identifiées comme le fait du gouvernement de Damas), le parlement britannique a rejeté les appels à cibler le gouvernement syrien, conduit par Bachar el-Assad.

« Nous ne pouvons pas simplement regarder Alep se faire pulvériser de la sorte. Nous devons faire quelque chose. L’humeur du parlement a évolué depuis 2013 », a ajouté Johnson.

« La plupart des gens, je pense, ont changé d’avis sur la question et se disent qu’on ne peut pas laisser cette situation perdurer éternellement. Que cela signifie que nous pouvons former une coalition pour une action plus dynamique, je ne peux pas le prédire. Mais ce que les gens ont envie de voir est une nouvelle série d’options. »

Il a expliqué que des sanctions plus sévères sur les acteurs clés du régime d’Assad représentaient une autre option possible pour le Royaume-Uni. Mais Johnson a réaffirmé sa conviction que le Royaume-Uni ne devait pas nourrir de « faux espoirs » sur l’idée d’une zone d’exclusion aérienne pour empêcher les gouvernements russes et syriens de mener des attaques sur Alep.

« Je dois vous dire, à ce stade, qu’il est important de ne pas nourrir de faux-espoirs. Nous connaissons les difficultés et les implications d’une zone d’exclusion aérienne ou d’une zone interdite de bombardements », a-t-il dit aux parlementaires.

« Mais s’il y a quelque chose de plus que nous pouvons raisonnablement ou concrètement faire, sans nos alliés, alors bien sûr, nous devons y penser. »

Johnson a précisé que le Royaume-Uni avait « de très graves problèmes avec la Russie ». Il a accusé Moscou d’être « irréfléchie et agressif ».

Il a toutefois insisté sur le dialogue à engager avec Moscou et a nié que la Russie représentait aujourd’hui la même menace pour l’Ouest que l’ancienne Union soviétique.

Ses propos surviennent après des jours d’échanges acrimonieux entre le Royaume-Uni et la Russie au sujet de la guerre en Syrie. Johnson a qualifié les attaques sur Alep de « barbares » et de possibles « crimes de guerre », et a appelé à des manifestations devant l’ambassade de Russie à Londres.

La Russie a répliqué, qualifiant les propose de Johnson d’« hystérie russophobe » et décrivant les accusations de crimes de guerre de « tempête dans une verre d’eau ».

Dmitry Peskov, un porte-parole du Kremlin, a déclaré jeudi que la Russie était prête à accueillir un engagement militaire britannique en Syrie s’il cible les « terroristes » et pas les forces d’Assad.

Pendant ce temps, un porte-parole militaire russe a affirmé que son pays était prêt à autoriser les rebelles à quitter librement Alep et à laisser accéder l’aide humanitaire. Ces derniers mois, les rebelles ont refusé des offres similaires et des promesses concernant l’aide humanitaire ne se sont pas concrétisées.

Traduit de l'anglais (original).