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L’égérie voilée de L’Oréal renonce à une campagne publicitaire après des tweets critiquant Israël

Amena Khan s’est excusée pour les tweets publiés pendant une attaque contre Gaza en 2014 dans lesquels elle avait appelé la Grande-Bretagne à cesser d’armer Israël
Amena Khan était devenue la première égérie voilée de L’Oréal (capture d’écran @amenaofficial)

Une top model musulmane s'est vue obligée de renoncer à une campagne publicitaire après un tollé provoqué par une série de tweets pro-palestiniens qu’elle avait publiés trois ans plus tôt.

Amena Khan, une Britannique de Leicester, a exprimé ses « profonds regrets » à propos des commentaires faits en 2014 et s’est excusée pour « le désarroi et la douleur qu’ils ont causé ».

Elle avait publié une série de tweets pour critiquer Israël lors de son attaque sur Gaza en 2014, au cours de laquelle plus de 2 200 Palestiniens avaient été tués.

Certains de ses anciens tweets appelaient la Grande-Bretagne à cesser d’armer Israël (#StopArmingIsrael) et accusaient Israël de « terroriser des civils innocents ».

Depuis, les tweets ont été effacés par la top model.

Amena Khan venait d’être choisie par le groupe L’Oréal pour figurer dans une campagne pour des shampooings.

Première égérie voilée du géant français des cosmétiques, elle portait un hidjab et figurait dans des campagnes publicitaires visant à promouvoir des produits pour les cheveux destinés aux femmes de différentes ethnies et origines.

Mais le 18 janvier, un article publié par le site d’extrême droite Daily Caller au sujet de ces tweets a provoqué sur les réseaux sociaux un déluge d’insultes à son égard, notamment islamophobes, ainsi que des accusations d’antisémitisme.

Certains utilisateurs ont accusé les tweets d’Amena Khan d’être « anti-Israéliens », d’autres se sont demandé si elle était l’égérie la plus appropriée pour une campagne visant à promouvoir la diversité.


Traduction : « Je regrette profondément le contenu des tweets publiés en 2015, et je m'excuse sincèrement pour le désarroi et la douleur qu'ils ont causé. Défendre la diversité est une de mes passions, je ne fais de discrimination contre personne. J’ai choisi de les effacer car ils ne représentent pas le message d’harmonie que je souhaite faire passer. J’ai récemment participé à une campagne qui m’a enthousiasmée parce qu’elle célébrait l’intégration. Avec un profond regret, j'ai décidé de me retirer de cette campagne parce que les conversations actuelles qui l'entourent nuisent au sentiment positif et inclusif que j'ai décidé de livrer »

Dans ses anciens tweets, Amena Khan avait également écrit qu’Israël occupait illégalement « la terre palestinienne », « terrorisant des civils innocents ».

Elle avait aussi remercié le journaliste de la chaîne de télé Channel 4 News Jon Snow pour son reportage sur Gaza et appelé le Premier ministre britannique David Cameron à cesser d’armer Israël (#StopArmingIsrael).

La même année, Human Rights Watch (HRW) avait accusé Israël de mener « des attaques illégales ne ciblant pas des objectifs militaires mais pouvant être conçus comme une punition collective ou plus globalement visant à détruire des biens civils ».

Dans un communiqué publié sur son compte Instagram, Amena Khan a également expliqué qu’elle renonçait à la campagne L’Oréal « en raison de la controverse qui l’entoure » et s’est aussi justifiée sur les valeurs qu’elle affirme défendre.

De son côté, le groupe L'Oréal, contacté par l'AFP, a indiqué qu'il « approuv(ait) » cette décision.

« Nous apprécions le fait qu’Amena ait présenté ses excuses pour le contenu de ses tweets et pour les réactions qu'ils ont pu susciter », a encore dit L'Oréal.

Ce n'est pas la première fois qu'une opération publicitaire de L'Oréal pour promouvoir la diversité tourne court en raison de déclarations controversées sur les réseaux sociaux.

L'été dernier, toujours au Royaume-Uni, le groupe s'était séparé d'un mannequin noir et transgenre, Munroe Bergdorf, après la révélation par les médias d'anciens propos polémiques de sa part publiés sur Facebook, accusant tous les blancs de violence raciale.

Traduit de l'anglais et actualisé (original).