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Législatives en Algérie : les partis au pouvoir gardent la majorité

Le parti au pouvoir en Algérie depuis l'indépendance et son principal allié remportent la majorité absolue aux élections législatives de jeudi, selon les résultats annoncés vendredi par le ministre de l’Intérieur
Le Front de libération nationale (FLN) dont Abdelaziz Bouteflika est président perd 57 sièges mais reste le premier parti représenté au parlement (AFP)
Par MEE

Sans surprise, les partis au pouvoir – Front national de libération (FLN) et le Rassemblement national démocratique (RND) – remportent les élections législatives, avec respectivement 164 et 97 sièges sur les 462, suivis par les partis islamistes (MSP, Adala, El Islah) cumulant 49 sièges.

Ce vendredi, le ministre algérien de l’Intérieur, Noureddine Bedoui, a donc annoncé des résultats (provisoire) attendus avec toutefois un net recul pour le FLN, qui perd 57 sièges, une déception pour les islamistes, qui en perdent aussi 11, et une forte progression du RND qui en gagne 29.  

Traduction : « Bravo aux abstentionnistes. Ceux que nous n’avez pas mis dans l’urne, d’autres l’ont mis à votre place. Vous avez perpétué la vie de ce système ». Abderrezak Makri est le leader du Mouvement de la société pour la paix (MSP, premier parti islamiste)

Derrière eux, aucun des partis n’a obtenu suffisamment de sièges pour pouvoir constituer un groupe parlementaire qui nécessite 21 députés.

Les deux autres perdants de ce scrutin sont le Front des forces socialistes (FFS), qui passe de 26 à 14 sièges et le Parti des travailleurs (PT) de l’emblématique Louisa Hanoune, qui passe de 24 à 11 sièges.

Le taux de participation est de 35,37 % (contre 43,14 % en 2012).

Répartition des sièges de la nouvelle assemblée nationale par parti (APS)

Selon Abdelouahab Derbal, président de la Haute Instance indépendante de surveillance des élections (HIISE, nommée par le président Bouteflika), 34 cas de « dépassements » lors du vote de jeudi ont été transmis aux procureurs généraux pour enquête. Tout au long de la journée d'hier, cette instance a reçu 358 saisines « dont la majorité est liée à l'aspect organisationnel, selon le président de la HIISE », d'après les médias officiels.    

Mais plusieurs partis, à l’image du Rassemblement pour la culture et la démocratie ont dénoncé « des pratiques frauduleuses ». Depuis l'instauration du multipartisme en 1989 en Algérie, l'opposition dénonce régulièrement des fraudes en faveur des partis au pouvoir.

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