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Les choix de Trump pour son administration suggèrent une position radicale sur la sécurité nationale

Le choix de Trump concernant les membres de sa future administration s’est porté exclusivement sur des politiques et des conseillers d’extrême-droite

Ce montage photo créé le 18 novembre 2016 montre (de gauche à droite) le représentant républicain du Kansas Mike Pompeo, l’ancien lieutenant-général Michael Flynn et le sénateur Jeff Sessions (AFP)
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Donald Trump a désigné vendredi trois conservateurs à des postes clés de son administration, notamment le sénateur Jeff Sessions comme procureur général, suggérant que le nouveau président des États-Unis adoptera une ligne dure concernant l’immigration et promouvra une politique étrangère va-t-en guerre.

Les premiers rapports suggèrent que Trump fera de l’ancien gouverneur de l’Arkansas, Mike Huckabee, l’ambassadeur des États-Unis en Israël, une décision qui marquerait la concrétisation d’une proposition de longue date de Trump : le déménagement de l’ambassade américaine en Israël à Jérusalem. Une nomination de Huckabee à l’ambassade sera également un signal envoyé aux hommes politiques israéliens de droite. Toutefois, la nomination de Huckabee a été démentie par un porte-parole de Trump.

Mike Pompeo

Pour diriger la CIA, Trump a choisi le membre du Congrès va-t-en guerre Mike Pompeo, un véhément adversaire de l’accord sur le nucléaire iranien et un vif critique de la rivale de Trump à la présidence Hillary Clinton lors des audiences relatives à l’attaque menée en 2012 contre la mission américaine à Benghazi en Libye.

Pompeo, 52 ans, a déclaré qu’il était « honoré et fier » d’accepter la nomination à la tête de la Central Intelligence Agency.

L’officier de l’armée à la retraite, diplômé de West Point et de l’école de droit de Harvard, a également défendu l’utilisation par la CIA de techniques d’interrogatoire condamnées comme la torture.

L’élu du Kansas à la Chambre des représentants a corédigé un rapport qui critiquait la façon qu’avait eu la secrétaire d’État Clinton de gérer l’attaque à Benghazi, dans laquelle l’ambassadeur américain en Libye et trois autres Américains ont trouvé la mort.

Le président de la Chambre des représentants, Paul Ryan, a grandement fait l’éloge de Pompeo, le saluant comme « l’une des plus fortes voix de la sécurité nationale au Congrès » à même « d’apporter intégrité et dévouement à la CIA ».

En ce qui concerne Pompeo, l’Union américaine pour les libertés civiles a averti que ses positions sur la surveillance de masse et sur Guantanamo soulèvent également de sérieuses inquiétudes en matière de protection de la vie privée et de régularité des procédures.

Traduction : « Je suis impatient de revenir sur cet accord désastreux avec le plus grand sponsor mondial du terrorisme. http://www.weeklystandard.com/undoing-the-iran-deal-easy./article/2005394… » – Mike Pompeo (@RepMikePompeo)

Le député Adam Schiff, le principal démocrate du comité de renseignement de la Chambre des représentants, a salué Pompeo le désignant comme « brillant et travailleur », mais a noté qu’il avait de fortes divergences avec le candidat, « principalement sur la politisation de la tragédie à Benghazi ».

Pompeo a exprimé sa ferme opposition à l’accord multilatéral avec l’Iran qui a drastiquement limité les capacités nucléaires du pays. Dans une tribune datant de juillet 2016 sur Fox News, Pompeo a déclaré que les États-Unis devraient « se retirer de cet accord ».

Il a promis de rejeter l’accord et a suggéré dans une table ronde avec les journalistes en 2014 que les États-Unis devraient bombarder les installations nucléaires de l’Iran, une proposition qui ne ferait que retarder le développement par Téhéran d’une ogive, et non l’arrêter, selon les experts des renseignement américains.

Certaines de ses positions sont en contradiction avec celles de Trump, notamment sur les actions de la Russie en Ukraine et son soutien militaire au président syrien Bachar al-Assad, qui est également soutenu par l’Iran.

Membre de la commission des renseignements de la Chambre des représentants, Pompeo, a été élu pour la première fois dans la vague du Tea Party en 2010 dans le district du Congrès centré sur sa ville natale de Wichita. Les membres des deux partis le considèrent comme intelligent, avec l’esprit d’équipe et capable, avec une connaissance approfondie des questions de sécurité nationale.

Michael Flynn

Le nouveau chef suprême a également nommé Michael Flynn, lieutenant-général à la retraite, à titre de conseiller à la sécurité nationale.

Flynn est très respecté en tant qu’agent de renseignement militaire décoré qui a aidé à combattre les réseaux d’insurgés. Il a néanmoins quitté l’armée après avoir été viré par le président Barack Obama du poste de chef de l’Agence de renseignement de la Défense en 2014 suite aux plaintes concernant son style de leadership.

La nomination de Flynn n’a pas à être approuvée par le Sénat.

Avec la victoire de Trump qui alimente déjà la peur parmi les Américains musulmans, dans un contexte de discussions autour de la création d’un registre pour les immigrants des pays musulmans, offrir à Flynn le poste de conseiller en sécurité nationale n’enverra pas un message rassurant.

« La peur des musulmans est RATIONNELLE », a-t-il tweeté en février.

Traduction : « La peur des musulmans est RATIONNELLE : transmettez cela aux autres : la vérité ne craint aucun doute… http://youtu.be/tJnW8HRHLLw » – Général Flynn (@GenFlynn)

Plus tôt cette semaine, le Conseil des relations américano-islamiques (CAIR) a appelé Trump à éviter de nommer Flynn à ce poste « en raison de son histoire de remarques et d’associations contre les musulmans ».

« Je suis en guerre avec l’islam… ou une composante de l’islam, depuis une dizaine d’années », a déclaré Flynn.

Selon des propos qui lui sont attribués par le CAIR, il a qualifié cette religion de « cancer » lors un événement de Texas cette année.

« Une personne qui croit que la foi d’un quart de la population mondiale est un ‘‘cancer’’ ne devrait pas conseiller le président sur quoi que ce soit, et encore moins sur la sécurité de notre pays », a déclaré Nihad Awad, directeur exécutif national du CAIR.

Jeff Sessions

Le procureur général est responsable de l’application des lois du pays et dirige le ministère de la Justice. Les groupes de défense des droits civiques ont qualifié le sénateur républicain Jeff Sessions de mauvais choix pour diriger un ministère chargé de protéger les droits de vote et de diriger des tribunaux d’immigration.

« Comment pouvons-nous faire confiance à quelqu’un dans ce rôle qui a démontré qu’il pense que toutes les formes d’immigration sont mauvaises pour l’Amérique ? », a déclaré Beth Werlin, responsable de l’American Immigration Council.

Trump a décrit Sessions dans son communiqué comme ayant un « esprit juridique de classe mondiale ».

Cependant, Sessions a des casseroles. Il a fait des commentaires racistes dans les années 1980, ce qui a ruiné ses chances de devenir juge fédéral.

En 1986, Sessions a déclaré qu’un célèbre avocat blanc était une « honte pour sa race » parce qu’il défendait des Afro-américains.

Il aurait également plaisanté au sujet du Ku Klux Klan, disant qu’il pensait que ses membres étaient « OK, jusqu’à ce que je découvre qu’ils fumaient de l’herbe ».

En 1986, Sessions a déclaré qu’un célèbre avocat blanc était une « honte pour sa race » parce qu’il défendait des Afro-américains.

Sessions est également un farouche opposant à l’immigration, lançant une attaque virulente contre les efforts pour faire passer une réforme totale de l’immigration par le Congrès en 2007 et à nouveau en 2013.

Le sénateur démocrate Patrick Leahy a laissé entendre que ses collègues aborderont le processus de confirmation de Sessions l’esprit ouvert.

« Le sénateur Sessions et moi-même avons eu d’importants désaccords au fil des ans, en particulier sur les droits civiques, les droits de vote, l’immigration et la justice pénale », a déclaré Leahy.

« Mais contrairement à l’obstruction sans précédent des républicains vis-à-vis des candidats du président Obama, je crois que les candidats méritent un processus complet et juste devant le Sénat. »

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.