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L’État islamique a doublé son contingent de combattants en Libye, annoncent les États-Unis

Malgré une hausse importante de ses effectifs, un général américain a soutenu que le groupe rencontrera plus de difficultés à s’emparer de territoires en Libye qu’en Syrie et en Irak
Le groupe État islamique a doublé de taille en Libye au cours de l’année écoulée (AFP)

Le groupe État islamique a doublé ses effectifs en Libye, passés à environ 6 000 combattants en à peine un an, a déclaré jeudi le chef des forces américaines en Afrique.

Malgré cette hausse, l’État islamique ne devrait probablement pas s’emparer de pans entiers de territoire en Libye comme il l’a fait en Syrie et en Irak, a soutenu le général David Rodriguez, chef du Commandement des États-Unis pour l’Afrique.

L’État islamique exploite les troubles qui touchent la Libye depuis le renversement du dictateur Mouammar Kadhafi il y a cinq ans, suscitant des craintes de le voir établir un nouveau bastion aux portes de l’Europe.

Toutefois, Rodriguez a estimé qu’il est beaucoup plus difficile pour l’État islamique de s’emparer de vastes zones du pays et de consolider ensuite sa position.

« C’est possible, mais cela ne me préoccupe pas pour le moment », a-t-il déclaré, évoquant des « conditions sensiblement différentes » en Libye.

Parmi elles figure le fait que le groupe État islamique « ne dispose pas de combattants locaux connaissant bien la Libye, comme en Irak et en Syrie », a précisé Rodriguez.

Les Libyens « n’apprécient pas les influences extérieures », a-t-il ajouté.

L’année dernière, l’État islamique a pris le contrôle de la ville côtière de Syrte, ville natale de Kadhafi ; le groupe lutte aujourd’hui pour s’étendre à d’autres régions.

Rodriguez a indiqué que des milices libyennes « contestent le développement de l’État islamique dans plusieurs régions à travers la Libye ».

« Dans l’est, à Benghazi et à Derna, ils ont engagé des combats contre l’État islamique et lui rendent la tâche beaucoup plus difficile. »

La Libye dispose d’un nouveau gouvernement d’unité soutenu par l’ONU, dirigé par Fayez al-Sarraj, qui est arrivé dans la capitale il y a seulement une semaine.

Deux administrations rivales sont en place en Libye depuis mi-2014, lorsqu’une alliance de milices a envahi Tripoli, instauré sa propre autorité et forcé le Parlement internationalement reconnu à fuir vers l’est du pays.

Toute intervention internationale éventuelle contre le groupe État islamique en Libye « sera motivée par leur leadership et par ce qu’ils souhaiteront que nous fassions », a affirmé Rodriguez.

Traduction de l’anglais (original) par VECTranslation.