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L’État islamique revendique l’assassinat d’un prêtre français dans une église

L’État islamique revendique l’assassinat d’un prêtre par des partisans du groupe dans une église normande, au cours de ce que le président français a qualifié d’« ignoble attentat terroriste »
Un agent de police se tient devant la mairie de Saint-Etienne-du-Rouvray. Le président François Hollande a déclaré que la France doit « mener cette guerre, par tous les moyens » contre l’État islamique (AFP)

Deux hommes se réclamant du groupe État islamique ont assassiné un prêtre âgé avant d’être « neutralisés » par la police dans une attaque contre une église en Normandie, dans le nord de la France, ce mardi.

Les hommes auraient égorgé Jacques Hamel, âgé de 86 ans, après avoir pris des otages à l’intérieur de l’église de Saint-Étienne-du-Rouvray, près de Rouen.

L’église a peu après été encerclée par la police, qui a abattu les deux assaillants.

Cinq personnes se trouvaient à l’intérieur de l’église lors de l’attaque. Trois des otages ont été libérés sains et saufs et un autre a été grièvement blessé. 

Le président français a déclaré que les hommes s’étaient « réclamés de Daech » et a condamné cet « ignoble attentat terroriste ».

Jacques Hamel

« Nous sommes face à un groupe, Daech, qui nous a déclaré la guerre », a déclaré François Hollande.

« Nous devons mener cette guerre, par tous les moyens, dans le respect du droit, ce qui fait que nous sommes une démocratie. »

L’incident intervient alors que la France reste en état d’alerte près de deux semaines après que le Tunisien Mohamed Lahouaiej Bouhlel a foncé avec un camion dans une foule célébrant la fête nationale sur la Côte d’Azur dans la ville de Nice, tuant 84 personnes et faisant plus de 300 blessés.

L’agence de presse affiliée à l’État islamique, Amaq, a revendiqué l’attentat dans un court communiqué.

Traduction : « Daech revendique revendique l’attaque contre une église normande via son agence de presse Amaq pic.twitter.com/ND6k0WfQKu »

« Mise à jour : Amaq publie également une revendication en anglais, cette fois avec la bonne date pic.twitter.com/v5w8EX7bVf » – Conlict News (@Conflicts)

Le Premier ministre français Manuel Valls a exprimé son horreur face à ce qu’il a qualifié d’« attaque barbare d’une église ».

« La France entière et tous les catholiques sont meurtris. Nous ferons bloc », a-t-il écrit sur Twitter.

Le pape François a exprimé sa « douleur et [son] horreur » face à cette prise d’otages, selon le Vatican.

L’archevêque de Rouen, Dominique Lebrun, a exhorté tous les non-croyants à se joindre aux croyants et de « crier vers Dieu ».

« L’Église catholique ne peut prendre d’autres armes que la prière et la fraternité entre les hommes », a-t-il déclaré dans un communiqué.

L’attentat de Nice était la troisième grande attaque perpétrée contre la France en 18 mois et a été revendiqué par le groupe État islamique.

Deux attaques en Allemagne revendiquées par le groupe État islamique depuis ont également accru la nervosité en Europe.

Après l’attaque à Nice, la France a prolongé l’état d’urgence de six mois jusqu’à janvier, donnant à la police des pouvoirs supplémentaires pour mener des perquisitions et assigner des personnes à résidence.

C’est la quatrième fois que les mesures de sécurité sont étendues depuis que le groupe État islamique a frappé Paris en novembre, tuant 130 personnes dans des restaurants, une salle de concert et le Stade de France.

Querelle politique acharnée

Le massacre de Nice a déclenché une querelle politique acharnée sur les failles de sécurité présumées, le gouvernement étant accusé de ne pas en faire assez pour protéger la population.

La dirigeante du Front National, Marine Le Pen, a écrit sur Twitter que « le modus operandi fait évidemment craindre un nouvel attentat de terroristes islamistes ».

Manuel Valls avait averti plus tôt dans la semaine que le pays ferait face à d’autres attaques alors qu’il lutte pour faire face aux militants revenant des conflits au Moyen-Orient et ceux qui se sont radicalisés en France.

La France s’inquiète de la menace pesant contre les églises depuis qu’un complot contre une église à Villejuif, dans la banlieue parisienne, a été déjoué en avril l’année dernière.

Sid Ahmed Ghlam, étudiant en informatique algérien de 24 ans, a été arrêté à Paris, soupçonné d’avoir tué une femme qui a été retrouvée abattue sur le siège passager de sa voiture et de planifier une attaque contre une église.

Les procureurs indiquent avoir trouvé des documents sur al-Qaïda et l’EI à son domicile. Ils ont ajouté qu’il avait été en contact avec un militant présumé en Syrie à propos d’une attaque contre une église.

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.