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Plus de 1 000 civils tués par les frappes aériennes russes en Syrie

Les pourparlers prévus la semaine prochaine à Genève sont remis en cause par les avancées russes en Syrie, ainsi que par le désaccord quant aux pays devant être invités
Un père syrien en pleurs après avoir perdu son enfant lors des frappes aériennes russes visant le quartier de Sukari contrôlé par l’opposition, à Alep (Syrie), le 16 janvier 2016 (AA)

Les bombes russes ont tué plus de 1 000 civils après presque quatre mois de raids aériens en Syrie, a affirmé un groupe d’activistes.

Les raids, qui ont commencé le 30 septembre, ont tué 1 015 civils, dont plus de 200 enfants, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, basé au Royaume-Uni.

D’après le groupe, qui repose sur un réseau de sources en Syrie pour établir ses rapports, les frappes russes ont également tué 893 combattants de l’État islamique et 1 141 autres militants de l’opposition, y compris des membres du Front al-Nosra, affilié à al-Qaïda. Le bilan total a été établi à 3 049 morts, dont 700 au cours des trois dernières semaines.

Ces chiffres sont dévoilés à un moment où l’avancée russe en Syrie a sérieusement remis en question les pourparlers prévus la semaine prochaine entre l’opposition syrienne et le gouvernement.

Les pourparlers, qui doivent s’ouvrir le 25 janvier à Genève, seraient retardés par le fait que les pays concernés, à savoir les États-Unis et la Russie, qui parrainent les discussions, ne sont pas encore tombés d’accord quant aux groupes d’opposition qui y seront invités.

La Russie a qualifié de « terroristes » certains des groupes qui figurent sur une liste soutenue par les États-Unis et élaborée le mois dernier lors d’une rencontre entre les membres de l’opposition en Arabie saoudite, et a refusé de négocier avec ces groupes.

Un homme brandit le corps de son bébé, mort suite aux frappes aériennes russes visant le quartier de Sukari contrôlé par l’opposition, à Alep (Syrie), le 16 janvier 2016 (AA)

Au lieu de cela, Moscou souhaite inclure des figures de l’opposition qui sont restées fidèles au président Bachar al-Assad, ainsi que les groupes kurdes qui luttent contre l’État islamique, a rapporté le Washington Post ce mercredi.

La coalition d’opposition soutenue par l’Arabie saoudite a indiqué cette semaine qu’elle n’accepterait pas une telle ingérence, lors de l’annonce de son équipe de négociation pour les pourparlers de Genève.

Mohammed Allouche, chef politique du groupe armé Jaish al-Islam soutenu par l’Arabie saoudite, a été annoncé en tant que négociateur en chef par le coordinateur général de la coalition, Riad Hijab.

Asaad al-Zobi, un général qui a fait défection de l’armée syrienne, sera subordonné à Allouche et officiera en tant que chef de la délégation, tandis que le président du Conseil national syrien George Sabra sera son adjoint.

Jaish al-Islam est considéré par Moscou comme une organisation terroriste.

Sabra a déclaré que personne n’avait « le droit » de contester ou d’interférer avec les choix de l’opposition et que tout effort dans ce sens mettrait fin aux pourparlers avant qu’ils ne commencent.

Pour la Russie, les pourparlers doivent se dérouler comme prévu

De son côté, le ministre russe des Affaires étrangères a soutenu ce mercredi que les pourparlers devaient se dérouler comme prévu, la semaine prochaine.

« Nous n’avons aucune intention de reporter le début des pourparlers de janvier à février », a déclaré Sergueï Lavrov après avoir rencontré son homologue américain John Kerry à Zurich. « Telle est la position de la Russie et des États-Unis. »

« Le processus politique commencera, nous l’espérons, dans un avenir proche, courant janvier. Diverses dates ont été annoncées, mais la décision finale sera prise par le Secrétaire général des Nations Unies sur la base des conseils et des recommandations de son envoyé spécial Staffan de Mistura. »

Cependant, même au-delà des différends portant sur la liste des invités, les frappes aériennes russes ont permis à Assad de contrôler suffisamment de territoire pour que l’on ne sache pas s’il pourra être écarté du pouvoir, comme les gouvernements occidentaux l’avaient espéré autrefois.

« La stratégie de la Russie consiste à affaiblir l’opposition syrienne jusqu’à quasiment l’éliminer, de sorte qu’à l’avenir, la Russie puisse bel et bien affirmer qu’il n’y a personne avec qui négocier », a indiqué ce mercredi au Washington Post Lina Khatib, associée principale de recherche pour l’Arab Reform Initiative.

Washington ainsi que des activistes issus de l’opposition syrienne ont accusé Moscou de se concentrer davantage sur les combattants de l’opposition que sur l’État islamique, des allégations jugées absurdes par la Russie.

L’Observatoire indique qu’il différencie les frappes russes, celles des avions de combat de la coalition dirigée par les États-Unis et celles du gouvernement syrien en fonction du type d’avion et des munitions utilisées.

Traduction de l’anglais (original) par VECTranslation.