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Poutine annule son voyage à Paris alors que la France augmente la pression diplomatique sur la Syrie

Le président russe a annulé sa visite à Paris après que le président français François Hollande a accusé Moscou d’apporter un soutien aux crimes de guerre en Syrie
Le président russe Vladimir Poutine (à gauche) et son homologue français François Hollande lors d'une précédente visite à Paris en octobre 2015 (AFP)
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Le président russe Vladimir Poutine a annulé mardi un voyage prévu depuis longtemps en France au milieu de tensions diplomatiques entre Paris et Moscou concernant la guerre en Syrie.

« Le président a décidé d'annuler cette visite », a déclaré aux journalistes un porte-parole du Kremlin.

« Dès le début de ses échanges avec son collègue français, le président Poutine a indiqué qu'il était disposé à se rendre à Paris quand le président Hollande se sentirait à l'aise. Nous attendrons donc qu’arrive ce moment. »

Les responsables français ont pour leur part déclaré que leurs homologues russes avaient seulement discuté de l’annulation du voyage, qui était prévu pour la semaine prochaine, après avoir proposé d’en faire une « visite de travail » durant laquelle Poutine et le président français s’entretiendraient sur la Syrie.

Hollande avait déclaré aux médias français qu'il envisageait la façon dont il pourrait utiliser cette visite pour faire pression sur la Russie concernant ce qu'il décrit comme des « crimes de guerre » commis par les forces pro-gouvernementales syriennes avec le soutien russe.

« Le dialogue est nécessaire avec la Russie, mais il doit être ferme et franc », a déclaré François Hollande mardi après l'annonce du Kremlin.

L'annulation de cette visite survient après que la Russie a opposé son veto à une proposition française au Conseil de sécurité des Nations unies samedi appelant le gouvernement syrien et ses alliés à mettre un terme au bombardement des zones d'Alep tenues par les rebelles.

Le projet de la France appelait à la cessation de tous les vols militaires au-dessus d’Alep ainsi que des frappes aériennes sur l'est de la ville, où vivent 250 000 personnes.

Lundi, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault a déclaré que des diplomates français travaillaient avec les procureurs de la Cour pénale internationale pour enquêter sur les crimes de guerre présumés qui selon la France sont commis par les forces syriennes et russes.

La France cherche également à savoir si la Russie peut faire l’objet de nouvelles sanctions de l'Union européenne en raison de la conduite de ses forces en Syrie, où Moscou est le principal allié militaire du président Bachar al-Assad.

Poutine devait se rendre en France pour inaugurer l’ouverture d’une nouvelle cathédrale orthodoxe russe dans la capitale française.

Les forces aériennes russes et syriennes sont largement accusées de cibler délibérément les hôpitaux et les civils dans un assaut renouvelé sur l'est d'Alep, qui est assiégé depuis des semaines par les forces pro-gouvernementales.

Selon l'Observatoire syrien pour les droits de l’homme, les frappes aériennes du gouvernement syrien et de son allié russe ont fait près de 300 morts, essentiellement des civils, dont au moins 53 enfants, depuis le lancement le 22 septembre dernier des opérations militaires visant à réunir l'ouest d'Alep contrôlé par le gouvernement et l'est contrôlé par l’opposition.

Traduit de l’anglais (original).