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Samira, une députée algérienne sur la flottille qui veut briser le blocus de Gaza

Une nouvelle fois, des bateaux veulent tenter de briser le blocus de Gaza. Trente femmes s'apprêtent à partir d'Italie sur deux voiliers
Pour Samira Dhouaifia, la solidarité avec la Palestine est un « devoir » (MEE)
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Elles ont chanté l’hymne national, poussé des youyous et se sont chaudement embrassées. Ce mercredi à l’aéroport d’Alger, une vingtaine de militantes pro-palestiniennes sont venues soutenir Samira Dhouaifia.

Cette député MSP (principal parti islamiste en Algérie) de Tébessa (à l’est du pays) fait partie des trente femmes qui veulent briser le blocus de Gaza à bord de deux voiliers. Depuis 2008, des bateaux du monde entier tentent, en vain, de franchir le blocus terrestre, aérien et maritime instauré par Israël en juin 2007 après la victoire du Hamas. 

En attendant de prendre son vol pour l’Italie, où elle rejoindra ses compagnes de voyage, Samira Dhouaifia se prête au jeu des photos avec des pancartes faisant la promotion de la flottille, un drapeau algérien ou une écharpe palestinienne.

« Je n’ai pas le choix, je dois partir, explique-t-elle à Middle East Eye. Pour moi, c’est un devoir. Je n’y vais pas pour représenter mon parti mais en tant que militante internationale et femme politique. »

Au cours de cette expédition baptisée « Bateaux des femmes pour Gaza », la députée retrouvera sur le Zaytouna (olive) – l’autre bateau, Amal (espoir), resté à Barcelone pour des raisons techniques, doit être remplacé –  une autre Algérienne, Khadija Benguenna, journaliste star d’Al Jazeera, arrivée directement de La Mecque.

Traduction : « Des activistes se solidarisent avec Gaza sous blocus #Gaza #WomenToGaza » 

« Mais la majorité d’entre elles ne sont ni arabes, ni musulmanes », précise Samira Dhouaifia. Il y a notamment une Américaine, Ann Wright, colonel à la retraite et ancienne diplomate opposée à l’invasion de l'Irak en 2003, une Suédoise, députée, ou encore une Israélienne, Zohar Chamberlain, une des organisatrices de l’opération.

Mavi Marmara

Ce projet, intégré à la Flottille de la liberté, collectif d’initiatives humanitaires contre le blocus est également soutenu par Christiane Hessel, veuve de Stéphane Hessel, auteur du manifeste Indignez-vous !, ancien résistant français et fervent défenseur de la cause palestinienne.

La flottille est partie le 14 septembre de Barcelone, ville jumelée à Gaza depuis 1999 où un parc, nommé « Parc de la Paix de Barcelone », a été inauguré en 2005. Elle devrait arriver près des côtes gazaouies début octobre.

Quant aux autorités israéliennes, selon les révélations du quotidien Jerusalem Post, elles se prépareraient une fois de plus à empêcher la flottille de briser le blocus.

Traduction : « Bateaux des femmes pour Gaza »

En mai 2010, le bateau Mavi Marmara avait été arraisonné dans les eaux internationales par des commandos israéliens. Dix militants turcs qui se trouvaient à bord avaient été tués et des dizaines d'autres avaient été blessés. Après le tollé international qui s’était ensuivi et sous la pression de la Turquie, le Premier ministre israélien avait dû présenter des excuses.

« Nous nous préparons à toutes les éventualités, admet, sereine, Samira Dhouaifia à MEE. Nous partons avec toutes nos promesses d’amour et de paix, mais aussi pour demander pourquoi les lois qui protègent les femmes et les enfants ne sont pas appliquées. En tout cas, si nous arrivons à accoster, la première chose que je ferai, c’est lever le drapeau algérien pour dire combien le peuple algérien est solidaire de la souffrance des Gazaouis ! Il me tarde vraiment de les rencontrer car je sais qu'ils nous attendent ! »

Traduction : « #WomenToGaza, nous vous attendons avec AMOUR... »