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Syrie : au moins 100 morts dans un des attentats les plus sanglants depuis le début de la guerre

Un kamikaze aurait fait explosé sa camionnette près d'un convoi qui devait évacuer des habitants et des combattants de villages chiites. Une opération décidée après un accord qui prévoyait aussi l'évacuation de sunnites d'une zone tenue par le gouvernement
Des petits Syriens, blessés dans l'attaque-suicide qui a visé leur bus à Rachidine (AFP)
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Au moins 100 personnes, essentiellement des chiites, ont été tuées dans un attentat-suicide mené samedi contre un convoi de bus qui attendait pour entrer à Alep, selon l’organisation des Casques blancs.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) parle de 126 personnes tuées, dont au moins 68 enfants, et s’attend à ce que le bilan s’alourdisse encore en raison de blessés grièvement atteints.

Traduction : « Les équipes de la Défense civile syrienne ont pu retrouver plus de 100 corps et s'occuper de 55 blessés après l'explosion d'un véhicule qui visait des déplacés à un point d'échange à Rachidine »

L’explosion a frappé la région de Rachidine, à la périphérie d’Alep, où se trouvaient des dizaines de bus transportant des personnes évacuées des localités de Foua et Kafraya, après un accord signé par le Qatar et l’Iran, allié de Bachar al-Assad.

Dans les bus se trouvaient des habitants et des centaines de combattants pro-gouvernement évacués de deux villages assiégés par les rebelles au nord-ouest de la province d’Idleb. Selon l’OSHD, du personnel humanitaire a également été tué.

L’accord prévoyait qu’en échange, des centaines de rebelles sunnites et leurs familles quittent une région assiégée par le gouvernement près de Damas.

L'opération d'évacuation avait été bloquée vendredi en fin de journée sur la route de Rachidine, à deux points de passage, les personnes évacuées attendant pendant des heures dans leurs bus en raison de désaccords entre les parties adverses.

Les rebelles et les habitants de Madaya et de Zabadani, près de Damas, attendaient dans un dépôt d’autobus à Ramouseh, tenu par le gouvernement, à quelques kilomètres de là. Ils devaient être transportés jusqu’à la province d’Idleb, que contrôle l’opposition armée. 

Une capture d'écran montre un nuage de fumée noire s'élevant de véhicules (Reuters)

Mohammad Darwish, un médecin évacué de Madaya, témoin de l’explosion, a confié qu’il craignait des représailles du gouvernement.

« Après ce qui s’est passé, nous sommes inquiets de la réaction du régime. Nous demandons aux Nations unies, au Comité international de la Croix-Rouge et à toutes les organisations humanitaires de nous protéger. »

Les médias officiels ont diffusé des images de ce qui semble être des scènes après l’explosion, montrant des corps étendus au sol et des feux crachant des nuages de fumée noire.

Une cellule presse militaire gérée par Damas, alliée du Hezbollah, a dit que le kamikaze avait fait exploser sa camionnette près du convoi.

« Le kamikaze conduisait une camionnette censée transporter de l’aide humanitaire et a déclenché la bombe près des bus », a également rapporté l’OSDH.

Quelques heures après l'attaque, l'opération a repris et les personnes évacuées ont continué la route pour rejoindre leur destination finale.

Le régime syrien a accusé les « groupes terroristes », un terme utilisé par le pouvoir pour désigner les combattants rebelles armés. Mais l'influent groupe rebelle Ahrar al-Sham a nié toute implication des rebelles.

Il s'agit de l'un des attentats les plus sanglants depuis le début de la guerre en Syrie il y a plus de six ans.