Aller au contenu principal

Une des épouses de Mokhtar Belmokhtar confirme qu’il est vivant

Arrêtée par les autorités de l'est de la Libye, une Tunisienne présentée comme la femme de Mokhtar Belmokhtar, affirme que l'émir est en vie et qu'il se trouve dans le sud de la Libye
Mokhtar Belmokhtar, un des islamistes armés les plus recherchés au monde, aurait trois femmes identifiées (AFP)

Une femme présentée comme l'épouse de l’Algérien Mokhtar Belmokhtar a été arrêtée en Libye alors qu'elle revenait de la ville de Derna, au nord du pays, où elle a accouché, ont annoncé les autorités de l'est de la Libye. 

Mokhtar Belmokhtar, chef du groupe al-Mourabitoun, affilié à al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), est un des islamistes armés les plus recherchés dans le monde.

Selon le département anti-terrorisme du gouvernement de l’Est (non reconnu par la communauté internationale) sa femme, Tunisienne, s'appelle Asma Kadoussi. Selon elle, son mari est vivant et se trouve dans le sud de la Libye.

Elle a donné naissance à une fille il y a six semaines, a indiqué lundi à Reuters un porte-parole du département, Sami al-Matrih.

« Il s'agirait donc de la troisième femme de Belmokhtar, explique une source des renseignements militaires algériens à Middle East Eye. Car il s'est marié une première fois à la fin des années 90 avec une Malienne de la tribu [arabe] des Barabiches. Il a ensuite épousé une autre Malienne, de la tribu d'al-Amhar [au nord-est du Mali] et dernièrement, la rumeur le disait marié avec une Libyenne de Derna. On sait donc maintenant qu'elle est tunisienne. Il n'y a rien de surprenant à cela : la plupart des émirs ont plusieurs femmes et de toutes manières, comme tous les musulmans, ils peuvent en avoir quatre. On sait en revanche beaucoup moins de choses sur ses enfants. Il en a eu plusieurs, dont un avec sa première femme, qui avait rejoint les groupes armés. »

Selon les autorités de l’Est, Asma Kadoussi voyageait avec une compatriote, Afa Hadji. Les deux femmes avaient été hébergées à Derna par un membre d'al-Qaïda du nom de Djibril al Abd.

Dimanche, MEE avait révélé que les deux femmes avaient été interpellées moins de 48 heures après un bombardement américain sur un village où devaient se réunir trois émirs d'AQMI, au sud-ouest du pays.

Elles ont été arrêtées sur une route au sud de Derna sur un renseignement donné par le personnel de l'hôpital de Derna qui signalait qu'une femme étrangère s'était présentée sans son mari pour accoucher, précise le communiqué.

Selon les premières investigations, les deux femmes ont été dans les « camps terroristes » avec Belmokhtar dans la région de l'oasis de Djoufra, dans le centre de la Libye. C'est lui qui a envoyé les deux femmes à Derna pour la naissance, indique le communiqué.

Les autorités ont diffusé des photos de cartes d'identité tunisiennes et de faux passeports libyens qui, indiquent-elles, étaient en possession des deux femmes.

Derna est traditionnellement un bastion des islamistes libyens. Le groupe État islamique (EI) a pris le contrôle de la ville en 2014 avant d'en être chassé par d'autres islamistes notamment.

Mokhtar Belmokhtar, chef du groupe Al Mourabitoune, a été donné pour mort à de nombreuses reprises avant de refaire surface pour préparer des attentats ou des enlèvements.

Il a notamment été à l'origine de la prise d'otages sur un site gazier à Tiguentourine en Algérie, qui a fait 40 morts parmi le personnel début 2013.

Âgé d'une quarantaine d'année, Mokhtar Belmokhtar a combattu en Afghanistan dans les années 80 avant de rejoindre le Groupe islamique armé (GIA) lors de l'insurrection islamiste en Algérie dans les années 90. Il a ensuite participé à la fondation du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) devenu par la suite AQMI.

En juin 2015, il a été visé par une frappe aérienne américaine à Ajdabiya dans l'est de la Libye, mais son groupe a ensuite annoncé qu'il avait survécu.

Dans un entretien accordé à la revue du GSPC, il avait raconté avoir déjà échappé à la mort à Ouargla dans le sud algérien en 2005, en compagnie de Yahia Abou al-Hammam (l’émir du Sahara) face aux forces spéciales algériennes. Ils auraient été sauvés par Abdelhamid Abou Zeid, émir de la katiba (phalange) Tariq Ibn Zyad, tué au nord du Mali par les forces françaises en février 2013.

Selon le site Ansar El Moudjihidine, il aurait aussi échappé à la mort avec un groupe d’hommes armés lors d’une embuscade de l’armée algérienne au nord de Bordj Badji Mokhtar (à la frontière avec le Mali) en 1999. Il a aussi survécu à la bataille de Tigharghar, au Mali, avec les forces françaises, maliennes et tchadiennes.