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VIDÉO : Le Yémen au bord de l’effondrement

Middle East Eye tente de résumer les forces en présence au Yémen en moins de 90 secondes
La coalition dirigée par l’Arabie saoudite a envoyé des chars, des troupes et du matériel pour lutter contre les houthis (AFP)

Suite aux intenses combats et à l’agitation qu’a connus le Yémen au cours des derniers mois, le pays est confronté à la pire crise depuis des années.

Nawal al-Maghafi tente de présenter les forces en présence au Yémen en moins de 90 secondes :

La principale bataille qui déchire le Yémen se joue entre le gouvernement national et le mouvement chiite zaydite dirigé par les milices houthies. Les houthis affirment qu’ils luttent contre la corruption et leur marginalisation dans le nord par le gouvernement d’Abd Rabbo Mansour Hadi.

Bien que les houthis affirment vouloir mettre fin à la corruption et permettre la représentation des minorités au sein du gouvernement, leurs adversaires les accusent d’être les marionnettes de l’Iran.

Le mouvement chiite est allié avec le président déchu Ali Abdallah Saleh qui, même s’il n’est plus officiellement au pouvoir, reste un acteur important.

Saleh a dirigé le pays pendant 33 ans et a mené six guerres contre les Houthis avant d’être chassé du pouvoir en 2012 après un violent soulèvement. Ses fidèles dans l’armée ont alors appuyé les houthis dans une offensive de grande envergure qui a contraint son successeur, Abd Rabbo Mansour Hadi, à l’exil en mars.

Après son éviction, Saleh a continué à avoir de l’influence dans l’armée à travers ses alliés. L’ancien président avait prévu d’appuyer l’avancée houthie sur Sanaa l’an dernier. La milice a pu prendre le contrôle des installations militaires du Yémen sans combat.

Si les houthis ne s’étaient pas alliés avec Saleh, ils n’auraient pas été en mesure de réussir leur ascension ces deux dernières années.

La coalition menée par l’Arabie saoudite contre les houthis a ajouté une dimension internationale à ce qui était déjà un conflit national. Cela a créé un vide sécuritaire, qui a permis à al-Qaïda dans la péninsule arabique de se développer.

Dans le sud du Yémen, le fief du président Hadi, la Résistance du sud et d’autres groupes ont lutté contre les houthis depuis le début du conflit. Cependant, les frappes aériennes menées par l’Arabie saoudite, ajoutées aux troupes arabes et aux armes de l’étranger, ont contribué à repousser les houthis, les expulsant de la province d’Aden.

Dans un article publié précédemment par MEE, Essam al-Shaeri, sous-secrétaire de la Fondation Sah pour la défense des droits et de la liberté basée à Aden, a indiqué que la situation à Aden commençait à revenir à la normale et que les produits de base y étaient de nouveau disponibles.

« On trouve des produits de base à Aden en ce moment, mais il faut encore reconstruire la ville puisque la plupart des bâtiments gouvernementaux, des quartiers d’affaires et même des habitations ont été endommagés par les houthis. Nous attendons toujours pour la construction », a-t-il déclaré.

Quelle que soit l’issue de la guerre, le tissu social du Yémen a été déchiré. Outre la pénurie d’eau, les mouvements séparatistes, les militants d’al-Qaïda et un président déchu qui refuse de se retirer du jeu, les frappes aériennes n’ont fait que rendre la situation encore plus chaotique.

Traduction de l’anglais (original) par VECTranslation.