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Meurtre de la jeune Lola en France : l’extrême droite se déchaîne

Plusieurs figures de l’extrême droite française ont instrumentalisé ce crime pour s’attaquer à l’immigration
Des fleurs exposées devant le collège Georges Brassens à Paris le 17 octobre 2022, où étudiait Lola, 12 ans, trois jours après la découverte de son corps dans une malle (AFP/Geoffroy Van der Hasselt)
Des fleurs exposées devant le collège Georges Brassens à Paris le 17 octobre 2022, où étudiait Lola, 12 ans, trois jours après la découverte de son corps dans une malle (AFP/Geoffroy Van der Hasselt)
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L’horrible assassinat de la jeune Lola, 12 ans, à Paris, vendredi dernier, a ouvert la voie à un déchaînement de haine anti-immigration et anti-algérien de la part de l’extrême droite française.

Lundi, une femme de 24 ans, principale suspecte du meurtre de l’adolescente retrouvée dans une malle à Paris, a été inculpée pour « meurtre » et « viol commis avec actes de torture et de barbarie », puis écrouée, selon une source judiciaire, rapporte l’AFP.

D’origine algérienne, elle était connue des services de police comme victime en 2018 de violences conjugales.

Elle était entrée légalement en France en 2016 avec un titre de séjour d’étudiant.

En 2018, elle avait été victime de violences conjugales et c’est ainsi qu’elle s’était fait connaître des services de police.

Zemmour et Le Pen en pointe

Le 21 août dernier, elle avait été interpellée dans un aéroport français pour défaut de titre de séjour. Une obligation de quitter le territoire français (OQTF) lui avait alors été délivrée automatiquement.

Ses trois complices seraient aussi d’origine algérienne.

Ses origines algériennes et son statut de clandestine ont fait réagir plusieurs personnalités de l’extrême droite.

« De nationalité algérienne et en situation irrégulière, c’est officiel : l’assassin de Lola n’aurait jamais dû croiser sa route. Encore une fois », a twitté le candidat malheureux à la dernière présidentielle Éric Zemmour.

« Dahbia B., Amine K., Friha B. et Rachid N., ce sont les noms des quatre suspects algériens dans l’affaire du meurtre de Lola. Quand défendrons-nous nos enfants contre ces francocides qui sont toujours commis par les mêmes, toujours au détriment des mêmes ? », a encore twitté le polémiste d’extrême droite.

Marine Le Pen, ex-candidate à la présidentielle pour le Rassemblement national (RN), a également réagi sur Twitter : « Les révélations sur le profil de la femme suspectée du massacre de la petite Lola, qui on l’apprend, est en situation irrégulière, sont un cas d’école sur le caractère hors contrôle de l’immigration clandestine dans notre pays. Le débat doit s’ouvrir… enfin. »

Jordan Bardella, président du RN, s’est aussi mis dans le même mouvement : « Nous apprenons à l’instant, par TF1, que l’acte de barbarie commis contre Lola a été perpétré par une femme algérienne en situation irrégulière. La responsabilité de l’État, donc celle du gouvernement, est désormais engagée. »

D’autres se sont insurgés contre ces réactions, à l’instar de la journaliste Françoise Degois : « Les tortures sauvages infligées à Lola et son assassinat nous brisent le cœur. Le chagrin nous secoue collectivement. Et la colère quand on voit l’extrême droite écœurante faire son nid dans ce malheur. Quant au silence du gouvernement, il est inexplicable et indécent. »

« Les fachos qui sortent pour récupérer l’ignoble meurtre de la petite Lola sont les mêmes qui sont muets quand ce genre de crime est commis par leurs partisans qui ont violé une petite fille de douze ans à la sortie d’un meeting du FN [Front national] et ont fait croire qu’ils étaient maghrébins », a dénoncé une internaute.

« En plus du drame ignoble qui touche cette famille, il y a beaucoup d’indécence de la part de personnes qui transforment cette histoire en tract électoral », a fustigé le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin sur la matinale de RTL. 

« Pendant un instant, il faut que les responsables politiques, ou ceux qui se disent comme tels, réfléchissent aux conséquences de leurs mots, sur ne serait-ce que les familles qui voient les photos de leur fille circuler partout. »

Certains élus d’extrême droite ont même fait un rapprochement entre le meurtre de Lola et le tweet ce mardi du président Emmanuel Macron sur le massacre de manifestants algériens à Paris le 17 octobre 1961.

« Il s’agit d’un mélange des genres tout à fait inapproprié. Le meurtre de la petite Lola est abject, barbare. Aucun adjectif ne peut en effet le qualifier, mais parler de crime raciste, c’est aller trop vite en besogne. Faire une telle déduction à partir de la seule origine des meurtriers, c’est faire preuve de mauvaise foi », souligne le site d’information algérien TSA.

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