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Le roi du Maroc plaide pour la réouverture de la frontière terrestre avec l’Algérie

Lors de son discours à l’occasion de la fête du Trône, Mohammed VI a invité le président algérien « à œuvrer à l’unisson au développement des rapports fraternels »
Le souverain marocain prononçant son discours, le samedi 31 juillet 2021 (Twitter @MarocDiplomatie)
Le souverain marocain prononçant son discours, le samedi 31 juillet 2021 (Twitter @MarocDiplomatie)

Le roi du Maroc Mohammed VI a déploré samedi les « tensions » entre son pays et l’Algérie, réitérant son appel à rouvrir la frontière terrestre avec son voisin, dans un discours prononcé à l’occasion de la fête du Trône.

« Vous n’aurez jamais à craindre de la malveillance de la part du Maroc […] La sécurité et la stabilité de l’Algérie, et la quiétude de son peuple sont organiquement liées à la sécurité et à la stabilité du Maroc », a assuré Mohammed VI en s’adressant aux Algériens.

Il a invité le président algérien Abdelmadjid Tebboune « à faire prévaloir la sagesse » et « œuvrer à l’unisson au développement des rapports » entre les deux pays voisins.

Les relations entre l’Algérie et le Maroc sont plombées depuis plusieurs décennies par la question du Sahara occidental, ancienne colonie espagnole contrôlée en grande partie par le Maroc, qui la considère comme une partie de son territoire, alors que le Front Polisario réclame son indépendance, soutenu par l’Algérie.

Appel à rouvrir la frontière 

Ces rapports ont été marqués par un nouvel accès de tension il y a deux semaines. L’ambassadeur marocain à l’ONU a fait circuler une note durant une réunion du Mouvement des non-alignés appelant à soutenir  « l’autodétermination » du « peuple kabyle » en Algérie, en réaction au soutien de l’Algérie aux indépendantistes sahraouis. Alger a riposté en rappelant son ambassadeur à Rabat pour consultations.

« À sa plus proche convenance, j’invite le président algérien à œuvrer à l’unisson au développement des rapports fraternels tissés par nos deux peuples durant des années de lutte commune », a déclaré Mohammed VI, en référence notamment à la coopération des mouvement nationaux des deux pays contre la colonisation françaises dans les années 1950.

Il a également réitéré son appel à rouvrir la frontière fermée depuis l’été 1994 à l’initiative de l’Algérie. Alger avait ainsi riposté à la décision de Rabat d’imposer un visa d’entrée à son territoire aux Algériens. Depuis 2004, le visa a été supprimé et les lignes aériennes entre les deux pays rétablies, mais l’Algérie refuse de rouvrir sa frontière terrestre.

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De chaque côté de cette frontière, les médias proches des décideurs ont fait du discours une lecture intéressée. 

Dans le camp marocain, Le360 parle de « mots forts et significatifs » pendant que Tel Quel estime que le roi « a de nouveau tendu la main aux dirigeants algériens pour une reprise du dialogue entre les deux pays ». 

Naïm Kamal, directeur du site Quid, explique sur Medi1TV que le roi « a voulu montrer qu’il n’y avait aucune malveillance du Maroc à l’égard de l’Algérie », ajoutant qu’une réconciliation serait difficile car « tellement de travail a été fait pour que le Maroc soit diabolisé ».

Côté algérien, pour le site Algérie patriotique, à la ligne très nationaliste et anti-marocaine, « Mohammed VI lâche le MAK [Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie, concerné par la note divulguée par l’ambassadeur marocain à l’ONU] et demande implicitement pardon à l’Algérie ».

« Mohammed VI vient de rejeter la demande d’audience que lui a soumise le chef de file du MAK, Ferhat Mehenni », affirme le site, en évoquant un « énième revirement du régime versatile de Rabat ». « Ce lâchage du mouvement autonomiste, le roi du Maroc ne l’a pas prononcé ouvertement, mais il se lit en filigrane dans le discours qu’il vient de prononcer. »