Aller au contenu principal

Rues et centres commerciaux désertés : la peur du coronavirus plombe la saison touristique à Dubaï

Bien que le gouvernement s’efforce de juguler la propagation du virus, un ralentissement de l’activité est perceptible dans cet émirat habituellement très visité
Des employés du Dubai Mall ont rapporté à MEE que la circulation des piétons avait diminué ces dernières semaines (Reuters)
Par
DUBAÏ, Émirats arabes unis

Combinaison parfaite de beau temps et de soldes, Dubaï attire généralement des foules nombreuses de visiteurs étrangers en plein hiver.

Cependant, il s’avère que le coronavirus, qui a tué plus de 900 personnes et s’est propagé dans une vingtaine de pays dont les Émirats arabes unis (EAU), freine cette année l’habituelle chasse au soleil hiémal et aux produits de luxe soldés.

« Plus personne ne sort. Cela doit être lié au virus. Pour quelle autre raison les gens ne sortiraient-ils pas ? »

– Un serveur dans un restaurant de Jumeirah

Au moment même où la saison touristique du Golfe prenait son envol, les Émirats ont suspendu tous les vols en provenance et à destination de la Chine, à l’exception de Beijing, la semaine dernière.

Tout en prenant des mesures semblables à celle de nombreux autres pays à travers le monde pour limiter la propagation du virus, cette interdiction a également bloqué l’accès aux touristes chinois que Dubaï essaie d’attirer de plus en plus. Près de 3 millions de touristes chinois ont visité les Émirats arabes unis en 2018.

Cette semaine, des employés du Mall of the Emirates et du Dubai Mall rapportent que la circulation des piétons a sensiblement ralenti, malgré la tenue récemment du festival du shopping de Dubaï.

Chez Gucci, les vendeurs habitués à offrir un coup de main dans le choix de sacs à main haut de gamme aident les clients avec des masques chirurgicaux. Dans un espace de restauration à proximité, un employé masqué fait frire des falafels.

« Vous portez votre masque à l’envers », signale un client chinois, s’agrippant à un sac de courses Chanel et portant lui-même un masque, à un homme qui ne semble pas le comprendre.

Une voyageuse à l’aéroport international de Dubaï après que les responsables émiratis ont confirmé le premier cas de coronavirus dans le pays (Reuters)
Une voyageuse à l’aéroport international de Dubaï après que les responsables émiratis ont confirmé le premier cas de coronavirus dans le pays (Reuters)

Dehors, un chauffeur Uber confie qu’il est désœuvré et attend qu’un client lui fasse signe.

« J’ai attendu au Dubai Mall pendant deux heures pour rien. Par chance, j’ai lancé Uber et décroché une course. Il s’agissait de mon premier client après quatre heures de travail », indique-t-il.

Il ajoute que la ville lui semble déserte, soit parce que les gens sont partis, soit parce qu’ils sont peu désireux de se rassembler dans des espaces publics, peut-être en raison de la peur du virus.

Un serveur dans un restaurant asiatique dans le quartier côtier de Jumeirah – qui abrite plusieurs hôtels de luxe notamment le Burj al-Arab – se dit surpris par le ralentissement de l’activité en cette période généralement chargée.

« Ce n’est plus pareil. Plus personne ne sort. Cela doit être lié au virus. Pour quelle autre raison les gens ne sortiraient-ils pas ? », s’interroge-t-il.

À la recherche de masques

Le mois dernier, les Émirats sont devenus le premier pays du Moyen-Orient où des cas du virus ont été confirmés. Les cinq patients infectés, tous membres d’une même famille, étaient des touristes originaires de Wuhan, la ville chinoise au cœur de l’épidémie.

L’Algérie, le Maroc et la Tunisie en alerte face au coronavirus
Lire

Selon un responsable du ministère de la Santé et de la Prévention, ces touristes sont arrivés aux EAU le 16 janvier.

Cette semaine, les Émirats arabes unis ont lancé un système électronique prédictif pour aider les professionnels de santé à détecter les cas potentiels de porteurs du virus aussi tôt que possible.

Le système utilise une série d’algorithmes cliniques avancés pour identifier les patients les plus susceptibles d’avoir contracté la maladie.

À travers la ville, d’autres prennent des mesures de leur propre initiative.

Une serveuse à Address Downtown explique que l’ensemble du personnel de l’hôtel a été formé à la prévention du coronavirus et qu’il y a désormais des bouteilles de désinfectant pour les mains dans le bâtiment pour s’assurer que les employés respectent les normes en matière d’hygiène.

Heela, employée d’une ONG venant des États-Unis, déclare qu’elle et son amie, qui est arrivée de Turquie, se sont rendues dans plusieurs pharmacies du centre-ville et à Jumeirah à la recherche de masques.

« Partout on nous a répondu qu’ils étaient en rupture de stock ou il y avait des panneaux indiquant qu’ils n’avaient plus de masques », raconte-t-elle.

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.