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Football : le match France-Turquie sous haute surveillance

Le choc France-Turquie, avec un billet pour l’Euro-2020, dans un stade chauffé par les supporteurs turcs et un contexte diplomatique tendu, inquiète les autorités
Le milieu de terrain français, Antoine Griezmann, affronte le milieu de terrain turc Dorukhan Toköz lors du match France-Turquie à Konya, le 8 juin 2019 (AFP)

Sur le terrain, le duel France-Turquie s’annonce intense entre deux nations proches de la qualification à l’Euro-2020. La France aura son billet en poche si elle gagne lundi, avant même les deux dernières journées, mais aussi en cas de match nul voire de défaite si ses poursuivants calent.

Mais les chaudes retrouvailles entre les deux coleaders du groupe H, quatre mois après que les Français ont sombré dans la fureur de Konya (défaite 2-0 en Turquie), seront teintées d’une lourde touche politique.

Paris a annoncé la suspension de ses ventes d’armes à Ankara, dénonçant « l’offensive unilatérale » des forces turques

De fortes tensions diplomatiques sont en effet apparues depuis le déclenchement mercredi par le président turc Recep Tayyip Erdoğan d’une offensive contre les Kurdes de Syrie, vertement condamnée par les gouvernements de très nombreux pays, dont la France.

Samedi, le gouvernement français a annoncé suspendre ses ventes d’armes à Ankara, dénonçant « l’offensive unilatérale » des forces turques qui « remet en cause les efforts sécuritaires et de stabilisation de la coalition globale contre Daech ».

Samedi, Emmanuel Macron avait également déclaré que l’offensive turque en Syrie devait cesser « au plus vite » lors d’une conversation téléphonique avec son homologue américain Donald Trump, selon la présidence française.

Lors de cette conversation, le président français « a souligné la nécessité avant toute chose d’empêcher toute résurgence du groupe État islamique [EI] dans la région, de soutenir ceux qui se sont battus sur le terrain à nos côtés contre les terroristes et de protéger les populations civiles », a indiqué l’Élysée.

Pourparlers en tribune ? 

Au Stade de France, près de Paris, lundi, le ministre turc de la Jeunesse et des Sports ainsi que l’ambassadeur, qui a été convoqué jeudi dernier au ministère des Affaires étrangères français, seront en tribune officielle. La présence de Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères français, n’est pas confirmée.

C’est dans ce contexte qu’une marée de supporteurs turcs est attendue à Saint-Denis. Ils seront 3 800 dans le parcage visiteurs dont tous les billets ont été vendus, selon la Fédération française, et certainement beaucoup plus ailleurs, parmi les 78 000 spectateurs annoncés au total.

« Cela va être un match compliqué dans un stade qui sera assez partagé entre les Français et les Turcs », relève Steve Mandanda, le gardien de l’Olympique de Marseille, titulaire vendredi en Islande (1-0) et très certainement lundi.

Le souvenir du dernier France-Turquie, en 2009 à Lyon, a par ailleurs incité la préfecture de police de Paris à établir un « dispositif de sécurisation générale pour prévenir les troubles à l’ordre public avant, pendant et après la rencontre ». Les effectifs policiers seront renforcés pour ce match classé à risque par l’État.

Il y a dix ans, les supporteurs visiteurs avaient perturbé la rencontre amicale gagnée par l’équipe de Karim Benzema (1-0), interrompue quelques minutes après des jets de projectiles et de fumigènes sur la pelouse du stade Gerland de Lyon.