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Israël vise un million de colons en Cisjordanie occupée d’ici dix ans

Selon le ministre de la Défense israélien, Naftali Bennett, « la politique de l’État d’Israël est que la zone C est la sienne »
Colonie israélienne de Maale Adumim, à l’est de Jérusalem, en Cisjordanie occupée (AFP)

Israël souhaite plus que doubler la population dans ses colonies en Cisjordanie occupée, pour atteindre un million de colons d’ici dix ans, a affirmé mercredi 7 janvier son ministre de la Défense, Naftali Bennett, aussitôt critiqué par l’Autorité palestinienne.

« Notre objectif est que d’ici une décennie, un million de citoyens israéliens vivent en Judée et Samarie », a-t-il déclaré en référence au nom biblique utilisé par le gouvernement israélien pour définir la Cisjordanie occupée.

Naftali Bennett, membre d’un parti de la droite radicale israélienne, s’exprimait lors d’une conférence à Jérusalem sur la « doctrine Pompeo », du nom de Mike Pompeo, secrétaire d’État américain qui a annoncé un changement dans la politique de Washington à l’égard des colonies juives dans les territoires palestiniens occupés.

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Après avoir reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël et une partie du plateau du Golan syrien comme israélien, la Maison-Blanche a indiqué mi-novembre qu’elle ne considérait plus les colonies juives en Cisjordanie occupée comme « contraires au droit international ».

Cette décision a ulcéré les Palestiniens et a été notamment critiquée par l’ONU, la France et des pays arabes.

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Environ 400 000 colons juifs sont implantés actuellement dans des colonies en Cisjordanie occupée, territoire où vivent quelque 2,7 millions de Palestiniens. 

En incluant Jérusalem-Est, territoire annexé par Israël et qui ne fait pas partie de la Cisjordanie, quelque 600 000 colons sont établis dans les territoires palestiniens occupés.

« Je déclare officiellement que la politique de l’État d’Israël est que la zone C est la sienne », a ajouté le ministre, en référence à l’une des trois zones de la Cisjordanie définies par les accords d’Oslo et qui représente environ 60 % de ce territoire palestinien.

« Le droit de vivre en Judée et Samarie »

La colonisation par Israël de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est s’est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens depuis 1967, mais elle s’est accélérée ces dernières années sous l’impulsion du Premier ministre Benyamin Netanyahou et de son allié à Washington, le président Donald Trump.

Naftali Bennett a remis en cause l’idée que les territoires palestiniens étaient « occupés » devant le Premier ministre Netanyahou et l’ambassadeur américain en Israël, David Friedman, qui a quant à lui estimé que les « Israéliens » et les « juifs » avaient « le droit de vivre en Judée et Samarie ».

« Nous ne sommes pas des occupants dans notre patrie, sur nos terres, nous ne sommes pas comme les Belges au Congo »

- Benyamin Netanyahou, Premier ministre israélien

Ce même mercredi 8 janvier, Benyamin Netanyahou a déclaré, selon The Times of Israel, que la décision de la procureure de la Cour pénale internationale (CPI) de lancer une enquête sur les crimes de guerre qui auraient été commis en Cisjordanie occupée, y compris la construction d’implantations dans cette région, n’empêchera pas Israël de poursuivre l’expansion de ces villes israéliennes.

Selon les dispositions du Statut de Rome, le « transfert, direct ou indirect, par la puissance occupante d’une partie de sa propre population civile dans le territoire qu’elle occupe » est considéré comme un crime de guerre.

« Cela ne nous dissuadera pas, pas le moins du monde », a déclaré Benyamin Netanyahou, se référant à l’annonce faite par Fatou Bensouda, le 20 décembre, selon laquelle elle a trouvé « une base raisonnable pour procéder à une enquête sur la situation en Palestine ».

Déclarations « racistes »

Dans sa déclaration, qui faisait suite à un examen préliminaire de cinq ans, la procureure a déterminé que les implantations israéliennes dans les territoires revendiqués par les Palestiniens pouvaient constituer un crime de guerre.

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Le ministère palestinien des Affaires étrangères a qualifié les déclarations de Naftali Bennett et David Friedman de « racistes », car visant la « confiscation des terres palestiniennes » et reflétant la « nature coloniale » du projet de paix que les États-Unis doivent encore annoncer.

Mais « nous ne sommes pas des occupants dans notre patrie, sur nos terres, nous ne sommes pas comme les Belges au Congo », a déclaré Benyamin Netanyahou en référence à la présence antique des juifs sur ces terres.

Plus tôt cette semaine, les autorités israéliennes ont approuvé la construction de 1 936 nouveaux logements dans des colonies.

Le Haut comité de planification de l’Autorité civile israélienne a donné son aval à la construction de ces logements lors de rencontres dimanche et lundi, a indiqué dans un communiqué l’ONG israélienne La Paix maintenant, organisation hostile au développement des colonies, qui suit de près ce dossier sensible.

Plus précisément, cette organisation a fait état de 1 150 projets approuvés pour la phase de dépôt et 786 pour la phase finale de validation, incluant 258 logements à Haresha, une colonie établie sur des « terres privées » palestiniennes qui font l’objet d’un contentieux.   

Ces annonces interviennent alors que Benyamin Netanyahou, en campagne en vue des élections législatives du 2 mars prochain, dirige un gouvernement intérimaire.

« La communauté internationale doit assumer ses responsabilités »

« Bien qu’il n’ait pas de mandat clair, ce gouvernement agit comme si de rien n’était et continue de promouvoir la construction nocive et non nécessaire dans les territoires occupés », souligne dans un communiqué La Paix maintenant. 

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Cette mesure a été condamnée mercredi par le ministère jordanien des Affaires étrangères, qui a rappelé dans un communiqué qu’il « n’y a aucune légitimité pour les colonies israéliennes qui violent le droit international ».  

« La communauté internationale doit assumer ses responsabilités et prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre fin à la politique israélienne de colonisation qui sape les efforts visant à résoudre le conflit » israélo-palestinien, a relevé le porte-parole du ministère jordanien, Daifallah al-Fayez.

Le 8 décembre 2019, Benyamin Netanyahou avait réitéré son intention d’annexer une partie de la Cisjordanie occupée et des colonies israéliennes dans une ultime tentative d’éviter de nouvelles législatives

« Il est temps d’appliquer la souveraineté israélienne sur la vallée du Jourdain et de légaliser toutes les colonies de Judée et Samarie », a-t-il affirmé.

« Elle feront partie de l’État d’Israël », a ajouté le Premier ministre lors d’une conférence organisée par le quotidien israélien de droite Makor Rishon.