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L’artiste franco-algérienne Zineb Sedira déclare s’opposer au BDS

Se défendant de participer au boycott artistique d’Israël, la représentante de la France à la Biennale de Venise a critiqué le BDS 
La plasticienne franco-algérienne Zineb Sedira (Facebook)

L’artiste franco-algérienne Zineb Sedira, désignée pour représenter la France à la Biennale de Venise de 2021, a démenti les « accusations infondées et calomnieuses » affirmant qu’elle a des liens avec le mouvement de boycott d'Israël BDS.

Le magazine français de droite Causeur avait réagi de manière virulente à sa désignation :  « Quoi que l’on pense de son œuvre et de ses choix politiques et idéologiques personnels, Zineb Sedira, l’adepte du boycott d’Israël, ne peut pas et ne doit pas représenter la France à la Biennale de Venise en 2021. Sa désignation est une erreur mais il n’est pas trop tard pour la corriger. » 

« Je suis heureuse de représenter la France lors de la Biennale 2021 et m’attacherai toujours à lutter contre toutes formes de haine, d’actes ou de propos racistes ou antisémites », affirme l’artiste dans un communiqué transmis mercredi soir à l’AFP.

« Je n’ai jamais participé à la moindre promotion des appels au boycott d’Israël »

- Zineb Sedira

Le BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) est une campagne qui promeut les boycotts économiques, culturels et politiques d’Israël lancée par la société civile palestinienne en 2005. 

« Une artiste, pas une activiste »

L’artiste de 57 ans, dont les parents ont milité pour l’indépendance de leur pays et qui s’affirme comme passeuse de témoin de la mémoire, collabore depuis vingt ans avec la galerie Kamel Mennour à Paris. Zineb Sedira a eu une exposition au Jeu de paume en 2019.

Cette plasticienne assure qu’elle est « une artiste, pas une activiste ». 

« Jamais je n’ai adhéré à cette organisation, jamais je n’ai eu d’accointance avec ce mouvement. Je condamne d’ailleurs fermement tout boycott et je ne peux être associée ou être solidaire du BDS. Je m’oppose au BDS et à tout boycott global qui aurait pour résultat contre-productif d’affecter et de paralyser les femmes et les hommes désireux de vivre en paix. »

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Zineb Sedira ajoute n’avoir « jamais participé à la moindre promotion des appels au boycott d’Israël ». 

Quand elle s’est retirée d’une exposition au sein de la Biennale de la Méditerranée en juin 2017, explique-t-elle, ses raisons « n’avaient absolument rien à voir avec ce mouvement dit BDS » mais étaient « purement artistiques », en raison des mauvaises conditions d’installation d’une de ses vidéos, « And the road goes on ».

« Le retrait de mon œuvre a été instrumentalisé par le BDS. Toute mon œuvre témoigne de ma volonté de m’inscrire dans une relation pacifique entre les hommes et les femmes. C’est la raison pour laquelle non seulement aucun boycott d’Israël ne saurait m’être reproché, mais en plus j’ai eu le plaisir d’exposer mes œuvres au musée d'Herzlia [en Israël] et plus anciennement à Jérusalem et à Nazareth », affirme-t-elle encore.

Sur son site, le polémiste français pro-israélien Bernard-Henri Lévy a réagi postivement aux déclarations de l’artiste : « Zineb Sedira condamne à présent BDS et toute forme de discrimination et de haine : c’est l’essentiel. »