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L’opposition syrienne sollicite Alger pour une médiation avec Assad

C’est une première : l’opposition syrienne aurait demandé à Alger d’organiser une médiation avec Damas, considérant que l’Algérie est un « intermédiaire intègre »
Nasr al-Hariri, président de la Commission syrienne de négociation, s'est rendu à Alger la semaine dernière (AFP)
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La semaine dernière, selon le quotidien algérien Echourrouk, une délégation de l’opposition syrienne, menée par Nasr al-Hariri, président de la Commission syrienne de négociation – à la tête de la délégation de l’opposition lors des pourparlers de Genève en février 2017 – a rencontré à Alger le ministre des Affaires étrangères algérien, Abdelkader Messahel. Une rencontre inédite, organisée à la demande d’Alger, depuis le début de la crise syrienne.

Fondateur du syndicat des médecins syriens libres en 2011 à Deraa, et figure de l’opposition syrienne, arrêté plus d’une vingtaine de fois avant de quitter son pays, Nasr al-Hariri a assuré aux responsables algériens que la « solution à la crise ne peut être que syrienne » et qu’« aucun dénouement miliaire n’est possible ».

Une vision qui va dans le sens des positions algériennes depuis 2011, année du déclenchement de la guerre dans ce pays « frère ». D’ailleurs, les diplomates algériens avec à leur tête le ministre Messahel, ont clairement notifié à la délégation accueillie que « l’Algérie condamne toutes les interventions étrangères dans la crise syrienne ».

Abdelkader Messahel, ministre algérien des Affaires étrangères (AFP)

La délégation syrienne a tenu, selon les sources d’Echourrouk, à préciser que « l’opposition est attachée à une solution pacifique au conflit » tout en insistant auprès des Algériens : le pouvoir de Bachar al-Assad « a commis des crimes contre le peuple syrien et il ne peut donc être considéré comme un partenaire pour l’avenir ».

Officiellement, Alger s’est opposée au gel de la qualité de membre de la Syrie auprès de la Ligue arabe et a maintenu en poste son ambassadeur à Damas.

Elle a aussi exprimé son soutien « au peuple syrien dans sa lutte antiterroriste » en appelant à une solution politique « à travers la réconciliation nationale entre tous les Syriens », pour reprendre les déclarations de Messahel lors de sa visite à Damas en avril 2016, au cours de laquelle il s’était entretenu avec le président syrien.

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Alger a également rappelé, à plusieurs reprises, qu’elle « reconnaît les États, non les régimes et les gouvernements », selon l’ancien chef de la diplomatie algérienne Ramtane Lamamra, dès les premiers bouleversements politiques provoqués par le Printemps arabe. Une manière de maintenir une certaine équidistance dans les différents conflits et crises dans l’ensemble de la région.

Lors de cette rencontre la semaine dernière, Nasr al-Hariri et ses collègues ont demandé aux autorités algériennes de mener une médiation avec le pouvoir à Damas.

De leur côté, les Affaires étrangères algériennes n’ont pas donné une réponse définitive et claire mais ont souligné qu’Alger « poursuivra ses efforts au sein de la Ligue arabe, pour adopter des positions au profit du peuple syrien, et pour condamner les violences à son encontre ainsi que les ingérences étrangères qui ont saboté une issue pacifique et politique ». Les Algériens ont également réitéré à la délégation de l’opposition syrienne leur volonté d’organiser de nouvelles rencontres du genre.