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En Syrie, un refuge donne une nouvelle maison aux enfants séparés de leurs parents

Au nord d’Idleb, l’ONG Dar al-Tifel est devenue une référence pour les enfants abandonnés et pour les familles qui cherchent à les parrainer
Des enfants syriens dans le dortoir du centre d’accueil de Dar al-Tifel à Idleb, en Syrie, le 10 octobre 2021 (MEE/Moawiya Atrash)
Des enfants syriens dans le dortoir du centre d’accueil de Dar al-Tifel à Idleb, en Syrie, le 10 octobre 2021 (MEE/Moawiya Atrash)
Par
IDLEB, Syrie

Le nombre d’abandons d’enfants s’est envolé dans le nord de la Syrie en raison de l’instabilité persistante et du coût élevé de la vie dans ce pays ravagé par la guerre.

Étant donné que de nombreux parents ont abandonné leurs enfants dans les rues, espérant que quelqu’un s’occuperait d’eux, une nouvelle génération d’enfants sans parents connus a émergé.

L’association Dar al-Tifel (la maison des enfants ) est la seule ONG dans le nord de la Syrie qui s’efforce de fournir une maison à ces enfants. 

Deux enfants jouent dans le service de soutien psychologique de l’organisation Dar al-Tifel, dans la ville de Sarmada au nord d’Idleb, le 10 octobre 2021 (MEE)
Deux enfants jouent dans le service de soutien psychologique de l’organisation Dar al-Tifel, dans la ville de Sarmada au nord d’Idleb, le 10 octobre 2021 (MEE)

Elle fournit aux enfants abandonnés une éducation, des loisirs, un toit et de la nourriture, et elle permet à des familles de prendre soin d’eux et de vivre avec eux. L’organisation s’efforce également de retrouver les parents biologiques des enfants.

Younis Abu Amin, qui supervise l’équipe de gestion des cas à Dar al-Tifel indique à Middle East Eye que le centre accueille une cinquantaine d’enfants de parents inconnus et les sans domicile fixe. En moyenne, quatre enfants arrivent au centre chaque mois, précise-t-il.  

Le centre comporte plusieurs services. Le service refuge est consacré aux services essentiels pour les enfants, leur fournissant notamment à boire et à manger ainsi qu’un endroit où dormir. 

Soutien psychologique

Il y a également un service de soutien psychologique et un service éducatif par le biais desquels l’encadrement fournit aux enfants des loisirs et des supports pédagogiques liés à des questions d’ordre général, tels que la pandémie de COVID-19.

Abu Amin ajoute que lorsqu’un enfant bénéficie de ces services, le centre commence un processus de regroupement familial en cherchant la famille biologique de l’enfant. 

Des enfants syriens jouent dans le centre de l’organisation Dar al-Tifel, dans la ville de Sarmada au nord d’Idleb, le 10 octobre 2021 (MEE)
Des enfants syriens jouent dans le centre de l’organisation Dar al-Tifel, dans la ville de Sarmada au nord d’Idleb, le 10 octobre 2021 (MEE)

Si la famille reste introuvable, le centre cherche d’autres proches, et en cas d’échec, il cherche une famille d’accueil alternative, déjà inscrite auprès du centre, pour parrainer les enfants. Les personnes intéressées font l’objet d’une procédure d’approbation selon la situation spécifique de l’enfant. 

« Je vis dans ce centre depuis un an et demi et je ne sais rien à propos de mes parents », témoigne à MEE Naim, un des enfants du centre. « Ici, je me suis fait beaucoup d’amis qui sont dans la même situation que moi et qui ne connaissent pas leur famille. J’espère qu’ils trouveront leur famille. »

« J’espère l’élever convenablement »

Il ajoute avoir récemment appris que son père vivait en Turquie d’après les recherches de l’organisation, mais qu’il ne peut pas le rejoindre parce que la frontière syro-turque est fermée.

« J’espère que quelqu’un pourra m’aider à rencontrer mon père », espère-t-il.

Adel Hamam, du village de Kafr Houm dans la campagne à l’ouest d’Idleb, raconte à MEE avoir décidé de parrainer un enfant de l’organisation Dar al-Tifel après avoir découvert son infertilité. 

Adel Hamam porte l’enfant qu’il parraine et joue avec lui dans sa maison du village de Kafr Houm, à l’ouest d’Idleb, le 11 octobre 2021 (MEE)
Adel Hamam porte l’enfant qu’il parraine et joue avec lui dans sa maison du village de Kafr Houm, à l’ouest d’Idleb, le 11 octobre 2021 (MEE)

« Ma femme et moi voulions parrainer un enfant depuis longtemps parce que j’ai passé beaucoup de tests et il s’avère que je ne peux pas avoir d’enfants », confie-t-il. « Alors j’ai parrainé cet enfant à travers Dar al-Tifel et je suis ravi de cette décision. Il remplira notre maison et Dieu nous récompensera de l’avoir fait. J’espère l’élever convenablement. »

L’épouse d’Adel Hamam nourrit l’enfant qu’elle parraine avec son mari dans leur maison du village de Kafr Houm, à l’ouest d’Idleb, le 11 octobre 2021 (MEE)
L’épouse d’Adel Hamam nourrit l’enfant qu’elle parraine avec son mari dans leur maison du village de Kafr Houm, à l’ouest d’Idleb, le 11 octobre 2021 (MEE)

« Si Dieu m’avait béni de plusieurs enfants avant lui, je ne les aurais pas traités différemment. C’est ma première joie après vingt ans d’attente. Je vais lui donner beaucoup d’amour et d’affection », promet-il en concluant : « Si un jour, il retrouve sa famille et veut les rejoindre, ce sera très difficile. J’aurai énormément de peine. »

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.