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Le président palestinien Mahmoud Abbas annonce la fin de la coopération sécuritaire avec Israël

Abbas déclare mettre fin « à partir d’aujourd’hui » à tous les accords avec les gouvernements américain et israélien, ajoutant que l’annexion de territoires en Cisjordanie occupée annihilerait toute chance de parvenir à la paix
Mahmoud Abbas prononce un discours critique sur le plan de paix de Donald Trump au Conseil de sécurité des Nations unies, à New York, le 11 février 2020 (AFP)

Le gouvernement palestinien est « absous, à partir d’aujourd’hui, de tous ses accords et ententes avec les gouvernements américain et israélien, et de toutes ses obligations basées sur ces ententes et ces accords, y compris celles relatives à la sécurité », a annoncé mardi soir le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

« À partir d’aujourd’hui, l’autorité d’occupation israélienne doit assumer toutes les responsabilités et obligations devant la communauté internationale en tant que puissance occupante sur le territoire de l’État palestinien occupé, avec toutes ses conséquences et ses répercussions fondées sur le droit international et le droit international humanitaire, en particulier la quatrième Convention de Genève de 1949, qui tient la puissance occupante responsable de la protection des populations civiles sous occupation et de leurs biens, criminalise les punitions collectives, interdit le vol de ressources, l’appropriation et l’annexion de terres, le transfert forcé de la population du territoire occupé et le transfert de la population de l’État occupant (les colonialistes) vers les terres qu’il occupe, lesquels sont tous de graves violations et crimes de guerre », a-t-il ajouté.

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Dans ce discours prononcé après une rencontre avec la direction de l’Autorité palestinienne à Ramallah, le dirigeant palestinien a également prévenu que toute annexion israélienne en Cisjordanie mettrait fin à l’espoir de parvenir à une solution à deux États.

Mahmoud Abbas a, à de multiples occasions, menacé de mettre fin à la coopération sécuritaire avec Israël, et déjà annoncé la rupture de « toutes les relations » avec Israël et les États-Unis dans le sillage de l’annonce du plan Trump sur le conflit israélo-palestinien, surnommé l’« accord du siècle ».

Mais c’est la première fois qu’il renvoie Israël à ses obligations en tant que puissance occupante avec effet immédiat.

Il n’a toutefois donné aucun détail sur ce que cette déclaration aurait pour conséquences pratiques.

Israël s’est doté dimanche d’un gouvernement d’union qui consacre un partage du pouvoir entre le Likoud (droite) de Benyamin Netanyahou et la formation centriste Bleu Blanc de l’ex-chef de l’armée Benny Gantz, et leurs alliés respectifs.

En vertu de l’accord, le gouvernement israélien doit présenter à partir du 1er juillet sa stratégie pour traduire dans les faits le plan Trump, qui prévoit l’annexion à Israël de la vallée du Jourdain (30 % de la Cisjordanie) et des plus de 130 colonies qui s’y trouvent, ainsi que la création d’un État palestinien sur un territoire largement amputé.

Un « été chaud »

Mahmoud Abbas a déclaré mardi tenir l’administration américaine « pleinement responsable de l’oppression qui frappe le peuple palestinien » et la considérer comme « un partenaire principal du gouvernement d’occupation israélien dans toutes ses décisions et mesures agressives et injustes contre le peuple [palestinien] ».

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Il a rappelé notamment la décision de Donald Trump de transférer l’ambassade des États-Unis en Israël de Tel Aviv à Jérusalem, ville revendiquée par les Israéliens et les Palestiniens comme capitale de leur État respectif.

Le président palestinien a également annoncé qu’il finaliserait immédiatement la signature d’accords permettant à l’État de Palestine d’adhérer à des conventions internationales, une démarche qui avait été suspendue pour donner une possibilité aux négociations de paix.

Le Premier ministre palestinien Mohammed Shtayyeh a quant à lui prévenu d’un « été chaud » si Israël mettait en œuvre le projet d’annexion.