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Libye : des négociations à Tunis pendant que les combats continuent à Syrte

Nouvelle réunion ce mardi à Tunis entre les membres du dialogue politique libyen pour avancer sur la réconciliation nationale, alors que les forces libyennes appuyées par les Américains mènent les derniers combats pour libérer Syrte de l'État islamique
Les combattants libyens ont annoncé dimanche « l’ultime bataille » contre l’EI à Syrte (AFP)

Les membres du dialogue politique libyen, dont est issu le gouvernement d’union nationale (GNA), sont à nouveau réunis à Tunis pour deux jours afin de chercher des solutions aux crises politiques et sécuritaires du pays, et d’avancer dans la mise en œuvre de l'accord inter-libyen signé fin 2015.

Sous l’égide de l’ONU, cette rencontre vise entre autres à « aboutir à des solutions urgentes au climat étouffant auquel le pays fait face », a indiqué à l’AFP un des participants, Jamel Achour, du parti al-Watan. « La nation et l’État ont besoin de positions sérieuses, de pas concrets soit de la part du conseil présidentiel, soit des entités qui en découlent », a-t-il ajouté.

Le GNA dirigé par le Premier ministre Fayez al-Sarraj s’est installé au printemps à Tripoli mais il peine encore à asseoir son pouvoir à l’échelle de tout le pays. Le Parlement de Tobrouk et le général Khalifa Haftar qui commande les forces armées de l’est rejettent son autorité. Le Parlement libyen, qui a refusé le 22 août d’accorder sa confiance au GNA, a cependant donné une « dernière chance » à Fayez al-Sarraj pour qu’il propose un nouveau cabinet. 

Nouvelle offensive à Syrte

Cette réunion se tient alors que dimanche, les forces du GNA ont annoncé le début de « l'ultime bataille »  pour reconquérir la totalité de Syrte, principal fief de l’État islamique (EI) en Libye depuis juin 2015, où un millier de combattants encerclaient les deux derniers quartiers aux mains des islamistes armés.

L’opération militaire pour reprendre la ville, située sur la côte méditerranéenne à environ 450 km à l’est de la capitale Tripoli, avait été lancée en mai. Les forces pro-GNA étaient entrées le 9 juin dans la ville natale de Mouammar Kadhafi, mais leur offensive avait été ralentie par les snipers, les mines et les voitures piégées. A partir du 1er août, appuyées par des frappes américaines, elles avaient repris à l’EI de nombreux secteurs, dont son QG où les combattants s’étaient retranchés ces derniers jours.    

« Depuis le début de l'opération le 1er août, l’armée américaine a procédé à 108 frappes avec des drones, des avions ou des hélicoptères », a indiqué jeudi dernier Robyn Mack, porte-parole du commandement des forces américaines en Afrique (Africom).  

Samedi, les combats ont fait au moins dix morts et une soixantaine de blessés dans les rangs pro-GNA, selon un médecin de l'hôpital de Misrata. Depuis le début de l’offensive, plus de 400 combattants loyalistes ont été tués et environ 2 500 blessés. Le bilan humain des combats au sein de l'EI n’est pas connu.    

Martin Kobler à Alger

Alors que les opérations militaires se poursuivent, Alger, très impliquée dans le dossier, a de nouveau insisté sur la nécessité d’une solution politique.

« Nous sommes en contact avec tous nos partenaires en Libye pour que le dialogue inter-libyen inclusif puisse accélérer la mise en œuvre de cet accord qui a été difficilement et patiemment conclu », a rappelé Abdelkader Messahel, le ministre algérien chargé des Affaires maghrébines, de l’Union africaine et de la Ligue des États arabes à l’occasion de la visite de Martin Kobler ce week-end.

Le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU pour la Libye a souligné l’importance pour les Libyens de s’asseoir autour d’une table et d'avoir un cadre pour discuter de la question de la réconciliation nationale. 

Lundi, le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian a mis en garde contre un risque « d'éparpillement » des combattants de l’EI. « Il nous faut commencer à appréhender sérieusement la question de l'éparpillement des terroristes, une fois Syrte, peut-être demain Benghazi », a-t-il déclaré lors d'un séminaire à Paris. « Indirectement, cela va présenter de nouveaux risques et pour la Tunisie et pour l'Égypte ».