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Maroc-Allemagne : possible réconciliation autour du dossier libyen 

Alors que le Maroc accueille ce vendredi un nouveau round de négociations sur la Libye, le gouvernement allemand aurait invité Rabat à participer à la prochaine conférence qui doit se tenir le 23 juin à Berlin
Des représentants libyens à Témara, au Maroc, le 6 octobre 2020 (AFP/Fadel Senna)
Des représentants libyens à Témara, au Maroc, le 6 octobre 2020 (AFP/Fadel Senna)
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Une réconciliation entre Rabat et Berlin est-elle possible ? À en croire les médias marocains, qui rapportent une invitation du gouvernement allemand adressé au Maroc pour participer à la deuxième conférence sur la paix en Libye sous l’égide de l’ONU, le 23 juin à Berlin, tout est possible.  

Selon une source marocaine citée par le site Le360, aucune réponse n’a encore été donnée, Rabat et Berlin étant en froid en raison du dossier « Mohamed Hajib ». 

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Après la publication par Middle East Eye d’une enquête sur l’islamiste germano-marocain, le Maroc avait rappelé son ambassadrice à Berlin pour consultations, accusant les autorités allemandes de « complicité à l’égard d’un ex-condamné pour des actes terroristes, notamment en lui divulguant des renseignements sensibles communiqués par les services de sécurité marocains ». 

Rabat et Berlin sont aussi en désaccord sur le dossier du Sahara occidental, au point de décider début mars de « suspendre tout contact » avec l’ambassade d’Allemagne au Maroc. 

Le Maroc avait été écarté de la conférence de Berlin en janvier 2020 avant d’être invité pour une rencontre par visioconférence en octobre, invitation déclinée par Rabat. 

Nouveaux pourparlers

Pour autant, le Maroc continue à jouer un rôle dans les négociations en Libye : les pourparlers sur la désignation de hauts responsables libyens, qui ont réuni ces derniers mois au Maroc des représentants rivaux libyens, vont reprendre vendredi dans la région de Rabat, a annoncé ce jeudi le ministère marocain des Affaires étrangères.

Khaled el-Mechri, président du Haut Conseil d’État basé à Tripoli (ouest), et Aguila Saleh, président du Parlement élu siégeant à Tobrouk (est), se trouvent à Rabat pour ces discussions dont « le format reste à déterminer », a indiqué jeudi le ministère marocain.

Les postes qui seront discutés concernent les plus hautes instances du pays : gouverneur de la Banque centrale, procureur général et présidents de l’Autorité de contrôle administratif, de l’Instance nationale de lutte contre la corruption, de la Haute commission électorale ainsi que de la Cour suprême.

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Après plusieurs rounds de discussions au Maroc, la collecte des candidatures avait été ouverte en janvier pour désigner les titulaires de ces postes stratégiques, objets de divisions profondes dans ce pays en quête de stabilité. Rien n’a filtré depuis sur la suite du processus.

Ces pourparlers interviennent au moment où Berlin se prépare donc à accueillir la deuxième conférence sur la paix en Libye sous l’égide de l’ONU, avec, pour la première fois, la participation du gouvernement de transition mis en place en début d’année.

Le but est de soutenir le processus, notamment les préparatifs pour les élections prévues le 24 décembre et le retrait, prévu selon les termes du cessez-le-feu, des troupes étrangères et des mercenaires du pays. 

En décembre, l’ONU estimait à quelque 20 000 le nombre de mercenaires et combattants étrangers en Libye : des Russes du groupe privé Wagner, des Tchadiens, des Soudanais, des Syriens… mais aussi plusieurs centaines de militaires turcs présents en vertu d’un accord bilatéral conclu avec le précédent gouvernement de Tripoli.