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Une responsable du design chez Zara critiquée pour ses remarques anti-palestiniennes

Les messages adressés par Vanessa Perilman à un mannequin palestinien suscitent l’indignation et mettent la chaîne de fast fashion sous pression
Beaucoup appellent à un boycott international des boutiques Zara (AFP)
Beaucoup appellent à un boycott international des boutiques Zara (AFP)

Vanessa Perilman, responsable du design du département femme pour la chaîne internationale de fast fashion Zara, fait l’objet de vives critiques sur internet. À l’origine de la polémique : un mannequin palestinien a partagé des messages qu’elle lui a envoyés contenant des commentaires incendiaires.

La semaine dernière, Qaher Harhash, originaire de Jérusalem-Est occupée, a partagé les messages qui lui ont été envoyés par Vanessa Perilman sur Instagram en réaction à ses publications à propos de l’injustice de la souffrance des Palestiniens. 

« Peut-être que si ton peuple était éduqué, alors il ne ferait pas exploser les hôpitaux et les écoles qu’Israël a contribué à financer à Gaza »

- Vanessa Perilman, responsable du design chez Zara

« Donc, ce que tu essaies de montrer, c’est qu’Israël serait un horrible pays malfaisant qui fait des choses terribles aux Palestiniens ? », écrit Perilman.

« Les gens de ma profession connaissent la vérité à propos d’Israël et de la Palestine et je ne cesserai JAMAIS de défendre Israël… Peut-être que si ton peuple était éduqué, alors il ne ferait pas exploser les hôpitaux et les écoles qu’Israël a contribué à financer à Gaza. »

Ces commentaires surviennent un mois après les onze jours de guerre entre Israël et le Hamas, au cours desquels les frappes aériennes israéliennes ont tué au moins 248 Palestiniens (dont 66 enfants) tandis que les roquettes palestiniennes ont fait 12 morts en Israël.

Certains des messages adressés par Perilman à Harhash ont été dénoncés comme islamophobes.

Elle écrit : « D’ailleurs, je pense que c’est amusant que tu sois mannequin parce qu’en réalité, c’est contraire aux croyances de la foi musulmane, et si tu faisais ton coming out dans n’importe quel pays musulman, tu serais lapidé. »

Middle East Eye a tenté de contacter les différents protagonistes afin de recueillir leurs réactions.

Depuis, Vanessa Perilman a supprimé son compte Instagram en raison des vives réactions et des appels généralisés à des excuses formelles de sa part et de l’entreprise, laquelle est critiquée pour ne pas avoir explicitement condamné les remarques de son employée.

Les hashtags #boycottZara et #zaramustapologise (#zazadoits’excuser) ont gagné en popularité ces derniers jours, appelant les internautes à cesser d’acheter ses produits. Zara a des boutiques au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, notamment en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis, en Égypte, au Liban, au Maroc, au Koweït et en Algérie. 

Traduction : « Salut @ZARA, nous ne garderons pas le silence face à l’attaque par votre responsable du design d’un mannequin palestinien parce qu’il soutient #FreePalestine en incitant à la haine et en promettant de défendre les crimes israéliens en Palestine et à Gaza, démontrant un racisme, une islamophobie et un anti-palestinianisme répugnants. Réagissez sinon #BoycottZara. »

Traduction : « La responsable du design chez Zara, Vanessa Perilman, a été prise en flagrant délit d’islamophobie et d’injures vis-à-vis du peuple palestinien ! Zara n’a pas fait de déclaration publique jusqu’à présent ! #zaramustapologize #FreePalestine. »

Si Zara n’a pas encore publié de communiqué officiel, la chaîne de magasins a répondu aux plaintes individuelles, faisant observer que ces remarques ne provenaient pas d’un compte professionnel.

« Dès que la situation a été portée à notre connaissance, nous avons ouvert une enquête interne afin d’y donner suite comme il se doit. Nos recherches ont montré que ses excuses immédiates et spontanées [de Vanessa Perliman] ont été acceptées ; donc le malentendu a été clarifié et réglé mercredi », indique un mail. 

Traduction : « @ZARA, si vous vous souciez ou si vous vous inquiétez pour vos consommateurs musulmans, vous prendriez des mesures disciplinaires contre mademoiselle Perilman pour son islamophobie flagrante. Sinon nous boycotterons vos boutiques jusqu’à ce que vous la sanctionniez pour ses remarques répugnantes à propos des musulmans. »

Avant de supprimer ses comptes sur les réseaux sociaux, Vanessa Perilman s’est excusée auprès du top model palestinien dans des messages privés, là encore partagés vendredi.

Elle y indique avoir reçu un déluge de menaces et présente ses excuses pour cette situation devenue « hors de contrôle ».

« Je reçois littéralement des menaces de mort concernant mes enfants… Je ne suis pas ignorante, j’en ai juste marre que tout le monde me dise des choses terribles à propos d’Israël », s’explique-t-elle. 

« C’est juste qu’il y a tant de gens qui ont été super méchants au travail, affirmant des choses terribles à propos des juifs, que j’ai reporté ça sur toi et je me sens très, très mal… Je connais bien les Hadid aussi et je ne peux pas croire que j’ai écrit ça », ajoute-t-elle, en référence aux mannequins palestiniens Gigi et Bella Hadid, qui plaident franchement pour la cause palestinienne.

Traduction : « Vanessa Perilman, responsable du design chez Zara, a envoyé par message à un jeune mannequin palestinien ces propos racistes et, lorsqu’elle a été dénoncée, a présenté de molles excuses avant de supprimer tous ses comptes sur les réseaux sociaux. J’ai envoyé un mail à Zara pour exiger des mesures disciplinaires et voilà leur réponse lamentable. »

« Mise à jour du mannequin palestinien @qaherharhash qui a été harcelée par Vanessa… Zara l’a contacté. Il a publié ces captures d’écran. Voilà les “excuses” de Vanessa qu’il n’a pas acceptées et @ZARA veut qu’on se satisfasse de ça. @ZARA_Care c’est inacceptable. »

Qaher Harhash affirme ne pas avoir accepté ces excuses « en demi-teinte ». Vanessa Perilman voulait qu’il « comprenne la perspective israélienne ».

La responsable a depuis supprimé son compte sur LinkedIn et sur les autres réseaux sociaux. Les archives montrent qu’elle avait précédemment travaillé en tant que responsable du design pour les sociétés de mode Inditex et Revolve.

Qaher Harhash, qui a travaillé pour des marques telles que Vogue Ukraine et Versace, a utilisé son compte Instagram pour sensibiliser au déplacement forcé des habitants palestiniens du quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est occupée. 

« Si Zara désire faire un communiqué avec moi, ce communiqué doit affirmer que la chaîne prend position pour le peuple indigène et est contre ce qui se passe dans les camps de concentration chinois au Xinjiang », stipule-t-il sur Instagram.

« Ils doivent aussi aborder l’islamophobie qui est en grande partie ignorée dans la société européenne… De plus, une campagne où elle présente des créateurs palestiniens qui ont un talent fou devrait être organisée afin de soutenir la scène de la mode palestinienne. »

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.