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Villes fantômes, roquettes et drones : la guerre du Front Polisario au Sahara occidental

Le mouvement de libération sahraoui est déterminé à battre l’armée marocaine, mais risque d’être dépassé par les technologies du royaume
Des soldats du Front Polisario lancent une roquette contre les forces marocaines près de Mehaires, au Sahara occidental, en octobre 2021 (AP/Bernat Armangue)
Des soldats du Front Polisario lancent une roquette contre les forces marocaines près de Mehaires, au Sahara occidental, en octobre 2021 (AP/Bernat Armangue)

Les Sahraouis la désignent sous le nom de « territoires libérés ».

Par moments douce et sablonneuse, cette région prend le plus souvent la forme d’un désert rugueux, où des arbustes rachitiques sortent de terre tels des nœuds brodés dans le paysage. Il y a douze mois, il était courant d’y voir des éleveurs de chèvres indolents suivre leurs troupeaux.

Pour les amateurs de vie nomade traditionnelle, le Sahara occidental contrôlé par le Front Polisario était un paradis, une terre de cieux sans limites et de quiétude.

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Aujourd’hui, ce silence sera brisé par une attaque de roquettes, la dernière en date d’une année de conflit sporadique entre le Front Polisario, mouvement de libération nationale sahraoui, et le Maroc.

Il s’agit d’une guerre à distance, d’un conflit de tirs d’artillerie, d’usure, parfois de frappes de drones. Un cessez-le-feu de trois décennies a été violé le 13 novembre 2020, et après tant d’années, les combattants du Front Polisario, remobilisés, souhaitent clairement un engagement plus direct.

« Nous nous battons pour libérer notre terre de l’occupation marocaine », affirme Mohammed Salem, le commandant du bataillon qui dirige l’opération. « Le régime marocain est une dictature. »

Le Sahara occidental sous contrôle du Front Polisario est un mini-État à peine reconnu, connu sous le nom de République arabe sahraouie démocratique (RASD). Il occupe 20 % du territoire du Sahara occidental que le mouvement a pris au Maroc et à la Mauritanie après le départ de la puissance coloniale espagnole en 1975.

Les mois représentent des années

Au cours de la dernière décennie, le Front Polisario s’est efforcé d’encourager certains des 176 000 réfugiés sahraouis vivant dans des camps de l’autre côté de la frontière, en Algérie, à s’installer dans cette bande désertique. Mais aujourd’hui, les habitations et les tentes éparpillées qui forment les campements de la RASD sont vides.

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Dans la ville de Bir Lahlou, aucun pas d’enfant ne retentit dans les portiques d’une école aux murs peints en ocre. Des cahiers d’exercices rose vif jaunissent par terre dans des classes abandonnées.

Plus au sud, à Mehaires, la poussière et la crasse qui s’infiltrent par les fenêtres fissurées d’un hôpital tapissent les murs et les draps d’une teinte sépia. Il ne manque pas grand-chose à la rue du marché de la ville-oasis, fermée et silencieuse, pour ressembler à un décor de western.

Cette terre était, à l’origine, loin de grouiller de monde : pas plus de 10 000 âmes vivaient sur ses quelque 53 000 km2, une superficie proche de celle de la Croatie.

Mais le Front Polisario a déclaré la guerre au Maroc et les évacuations ont commencé. Désormais, seuls des convois de soldats rompent le silence. « Des centaines de familles vivaient ici, mais plus de 90 % des personnes sont désormais retournées dans les camps », affirme Mohammed Bega, un commandant militaire du Front Polisario.

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Ces bâtiments ne sont abandonnés que depuis un an, tout au plus. Mais dans le Sahara, pour les matériaux, les mois représentent des années.

Le temps n’a pas souri aux Sahraouis. Depuis le début du cessez-le-feu de 1991, ils ont vu le Maroc développer les villes du Sahara occidental, y installer ses citoyens et gagner le soutien de plusieurs États africains et de l’administration Trump vis-à-vis de ses revendications territoriales.

Les ressources naturelles du Sahara occidental, ses principaux centres urbains et son littoral sont contrôlés – ou plutôt occupés, en vertu du droit international – par le Maroc. 

Pendant ce temps, les réfugiés sahraouis ont attendu un référendum sur l’indépendance qui n’est jamais venu malgré les promesses et croupissent dans les limbes que sont ces camps oubliés dans un coin de désert algérien.

Sous une chaleur insupportable en été et un froid glacial en hiver, rares sont les produits frais qui parviennent à ces campements administrés par le Front Polisario.

L’opportunité de revivre une gloire passée

Il n’est donc pas surprenant que la nouvelle de la désintégration du cessez-le-feu ait enthousiasmé la majorité des Sahraouis vivant dans les camps de Tindouf et les « territoires libérés ».

Pour ceux qui ont combattu pendant la guerre de 1975 à 1991, c’était l’opportunité de revivre une gloire passée. Pour les jeunes, la reprise du conflit était l’occasion d’écrire leur propre histoire.

« J’étais fier de voir la guerre commencer, c’est une bonne chose pour tous les jeunes »

- Malfoth Hmed, 30 ans, batteur de tambour dans l’armée du Front Polisario 

Malfoth Hmed, 30 ans, batteur de tambour dans l’armée du Front Polisario, a combattu lors des escarmouches dans les jours qui ont immédiatement suivi l’escalade des tensions au poste frontalier méridional de Guerguerat, qui a déclenché le cycle actuel d’hostilités. « J’étais fier de voir la guerre commencer, c’est une bonne chose pour tous les jeunes », confie-t-il à Middle East Eye.

Armés de kalachnikovs et de mortiers, Malfoth Hmed et une vingtaine d’autres soldats ont organisé des attaques contre des bases marocaines situées le long du mur des Sables, une fortification de 2 700 km de long constituée principalement de murs de sable qui empêche le Front Polisario d’accéder à 80 % du Sahara occidental.

« Ensuite, les soldats plus âgés tiraient avec leurs mortiers. Nous avions envie de prendre d’assaut la base mais on nous disait de rester en ligne. On nous promettait qu’un véritable assaut aurait lieu plus tard. Mais pour l’instant, ce sont les mortiers qui causent le plus de dégâts. Tout d’abord, nous nous approchions du mur et tirions avec nos kalachnikovs pour semer le trouble dans la base », relate-t-il.

« On voit que toutes les générations sont habitées par cette passion », affirme Malfoth Hmed. « Cela montre que la liberté est quelque chose de très sérieux pour tous les Sahraouis. »

Une réfugiée sahraouie et ses enfants brandissent le drapeau du Front Polisario dans le camp de Bojador, en Algérie (MEE/Daniel Hilton)
Une réfugiée sahraouie et ses enfants brandissent le drapeau du Front Polisario dans le camp de Bojador, en Algérie (MEE/Daniel Hilton)

On trouve parfois des bases militaires du Front Polisario, constitués de parpaings et de couvertures, à bonne distance du mur des Sables, des regards indiscrets des Marocains et de leurs armes. Pour les unités qui préparent tout type d’attaque, des camps clandestins sont installés plus près de la cible.

Dans les environs de Mehaires, de vastes dunes protégées par des collines cendreuses escarpées constituent l’endroit idéal. Ici, le sable est impeccable, seulement froissé par des empreintes d’oiseaux, de chèvres et de dromadaires, et les traces incontournables laissées par les Land Cruiser.

« Nous frappons le mur tous les deux ou trois jours pour maintenir les Marocains en état d’alerte », explique Mohammed Bega, le commandant. « Cette absence d’interruption les fatigue et les déprime, et c’est alors que nous attaquons une base. »

L’impact psychologique

Pour se préparer, le Front Polisario emmène MEE sur une crête à une poignée de kilomètres du mur, afin de repérer la cible. À travers des jumelles, le mur n’est guère plus qu’une tache de craie sur l’horizon chaud. « Avant le 13 novembre, on voyait beaucoup de vie de l’autre côté du mur. Du mouvement entre les maisons », raconte Mohammed Bega. « Désormais, il n’y a plus rien. »

Le Front Polisario estime qu’il provoque des « pertes humaines et matérielles », bien qu’il soit difficile d’en juger lorsque l’on attaque à distance. Plus de 1 600 « opérations de combat » ont été lancées au cours de l’année écoulée, la majorité dans le nord, dans la région d’al-Mahbes.

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Il y a ensuite l’impact psychologique sur les troupes marocaines. Selon le Front Polisario, au cours de l’année écoulée, les tribunaux marocains ont condamné des déserteurs à des peines de trois à dix ans de prison pour avoir fui le champ de bataille.

Quelque 114 soldats ont été jugés en octobre pour les mêmes motifs, selon le mouvement. Interrogé à plusieurs reprises par MEE, le ministère marocain des Affaires étrangères n’a pas répondu à ces allégations.

Les chefs militaires du Front Polisario cachent bien leur jeu. Les commandants refusent de divulguer le nombre d’hommes que comptent leurs unités, et encore moins le nombre de ceux qui ont été tués au cours de l’ensemble des combats. Ils seraient plus d’une douzaine et auraient tous été enterrés dans les « territoires libérés ».

Les dirigeants affirment que les Sahraouis affluent massivement de la diaspora pour combattre. Bonne chance pour trouver combien participent réellement au conflit.

De nombreux soldats ont entre 60 et 70 ans, d’autres sont beaucoup plus jeunes. « Le plus jeune soldat que j’ai dans mon unité a 15 ans », indique Mohammed Salem, le commandant du bataillon. « Il prend part à tous les éléments du service militaire. »

Sur la base temporaire de Mehaires, des canons antiaériens de 23 mm sont fièrement exposés, jusqu’à ce que l’un d’eux tombe en panne lors d’un exercice d’entraînement

En matière d’équipements, MEE apprend que les soldats du Front Polisario disposent de toutes sortes d’armes, « en commençant par des kalachnikovs, mais aussi des armes bien plus puissantes ».

Sur la base temporaire de Mehaires, des canons antiaériens de 23 mm sont fièrement exposés, jusqu’à ce que l’un d’eux tombe en panne lors d’un exercice d’entraînement. Le Front Polisario possède également des roquettes Grad et des mortiers, quelques chars de l’ère soviétique et même une poignée de drones, des engins de loisirs adaptés à des fins militaires.

Mais les livraisons d’armes ne sont qu’un lointain souvenir. L’Algérie, plus proche allié et protecteur du Front Polisario, entretient une relation antagoniste avec le Maroc et donne sa bénédiction aux attaques sahraouies.

« Ce sont surtout les drones qui sont effrayants »

Il est cependant peu probable qu’Alger fournisse de nouveaux équipements au Front Polisario. Les autres livraisons d’armes provenaient par le passé de Mouammar Kadhafi, qui n’est plus de ce monde.

« Tous les équipements datent de la fin des années 1980, du début des années 1990 », indique Riccardo Fabiani, analyste au sein de l’International Crisis Group, une organisation qui s’intéresse à la résolution des conflits. « Ils n’ont pas vraiment été en mesure d’obtenir autre chose après cela. Les Algériens sont réticents à leur fournir des équipements plus sérieux. »

Des combattants du Front Polisario parcourent le désert à vive allure (MEE/Daniel Hilton)
Des combattants du Front Polisario parcourent le désert à vive allure (MEE/Daniel Hilton)

Le Maroc, en revanche, possède l’une des armées les plus puissantes d’Afrique. Comme le précise Riccardo Fabiani, « c’est un pays qui investit dans ses installations de défense, en particulier au Sahara occidental, depuis des décennies. Ils ont donc des équipements de détection, des radars, des drones et toutes sortes d’installations le long du mur des Sables. Ils peuvent repérer une unité à plus de 50 kilomètres de distance. Ils n’ont pas besoin d’attendre qu’ils soient proches du mur. »

Les combattants du Front Polisario soulignent qu’ils ont toujours été surclassés en puissance de feu. Malgré la supériorité militaire marocaine, le mouvement a remporté des succès notables dans la guerre de 1975 à 1991, en particulier au cours des premières années.

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À l’époque, la connaissance du terrain était un atout inestimable pour les Sahraouis. Les combattants du Front Polisario apparaissaient et disparaissaient à volonté.

Ce savoir-faire ne s’est pas évaporé : les soldats sahraouis continuent de foncer dans le désert la nuit, sans phares ni routes, avec comme seuls guides les étoiles et les pierres. Mais les progrès technologiques ont eu raison de cet avantage.

Ali Mohammed est un homme au visage rond et à la casquette carrée. Depuis ses années d’études à La Havane, il parle un espagnol empreint de temps à autre d’un accent cubain. Il se souvient très bien du dernier conflit. Bien qu’il soit optimiste, il se montre réaliste quant aux défis apportés par le nouveau millénaire.

« Pour être honnête, je peux dire que j’ai assez peur quand j’attaque les Marocains », confie-t-il à MEE. « Je n’ai que cette kalachnikov quand je tire sur la base, alors qu’ils ont toutes ces nouvelles technologies. Ce sont surtout les drones qui sont effrayants. »

Le Maroc, qui possède des drones de combat de fabrication turque et chinoise, a également conclu un accord avec Israël pour des importations. Le royaume insiste sur le fait qu’il n’utilise ni ses drones de combat, ni ses engins de surveillance à l’est du mur des Sables.

Épave calcinée

Néanmoins, le Front Polisario pointe du doigt plusieurs incidents qu’il attribue à des frappes de drones. Les deux premiers ont eu lieu en avril, à treize jours d’intervalle, mais tous deux se seraient produits près de l’Erni, une rivière de la région de Tifariti, dans le nord-est du Sahara occidental.

La première frappe présumée a causé la mort d’Addah al-Bendir, chef de la gendarmerie du Front Polisario. Il s’agissait d’une lourde perte. « Il était l’un de nos meilleurs éléments, pour ses connaissances, son expérience et ses capacités techniques », déplore Mohammed Bega.

Camion prétendument bombardé par le Maroc au Sahara occidental (MEE/Daniel Hilton)
Camion prétendument bombardé par le Maroc au Sahara occidental (MEE/Daniel Hilton)

En août, le Front Polisario a ensuite accusé le Maroc d’avoir visé un convoi de camions civils avec une frappe de drone. Le missile a touché l’arrière d’un camion, d’après Mohammed Bega. Les trois passagers se sont échappés par l’avant.

Aujourd’hui, l’épave calcinée gît au carrefour des territoires du Sahara occidental, de l’Algérie et de la Mauritanie, préservée au milieu de nulle part, telle la carcasse d’un éléphant égaré.

« Nous avons trouvé des fragments du missile à l’intérieur du camion » , affirme Mohammed Bega. « D’après nos contrôles, il est presque certain qu’il s’agissait d’un drone israélien. » MEE n’a pas été en mesure de vérifier ces propos de manière indépendante.

Plus récemment, le Front Polisario a accusé le Maroc d’avoir tué des civils sahraouis et algériens lors de frappes de drones. D’après des images qui circulent en ligne, des drones Wing Loong de fabrication chinoise fournis par les Émirats arabes unis ont été employés.

« Il y a désormais beaucoup de preuves circonstancielles qui confirment que le Maroc emploie des drones contre le Front Polisario au Sahara occidental et les a probablement utilisés dans l’attaque de début novembre contre des camions algériens », indique Riccardo Fabiani.

Dans les coulisses du pouvoir 

Des questions subsistent toutefois au sujet de la mort d’Addah al-Bendir. « Il y avait de nombreuses théories et interprétations contradictoires, et selon toute vraisemblance, c’était un F-16 qui était en réalité impliqué dans la frappe et le drone était juste là pour identifier le convoi. »

Sur le terrain au Sahara occidental, les attaques de drones sont source de préoccupation. La plupart des combattants et commandants du Front Polisario interrogés par MEE quant à savoir s’ils avaient été témoins de frappes ont répondu par la négative. Quelques-uns n’ont pas souhaité répondre.

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« Les drones patrouillent ici tout le temps », affirme Mohammed Salem, le commandant de bataillon, qui est responsable des 200 km de mur dans la région de Mehaires. « À titre personnel, je n’ai jamais été confronté à une attaque de drone. Mais ils existent, ils existent, ils existent. »

Cette guerre, si tant est qu’on puisse l’appeler ainsi, est pour le moins de faible intensité. Le Maroc refuse même de reconnaître la rupture du cessez-le-feu.

En ce qui concerne les victoires du Front Polisario contre le Maroc, la plus importante de l’année écoulée n’a pas eu lieu sur le champ de bataille mais dans les coulisses du pouvoir. En septembre, la Cour de justice de l’Union européenne s’est rangée du côté du mouvement et a jugé illégal un accord commercial entre l’UE et le Maroc.

Pourtant, les combats ont remobilisé les Sahraouis, qu’ils soient jeunes ou plus âgés. Brahim Ghali, le président du Front Polisario, a laissé entendre que des négociations en vue d’un arrêt des combats étaient possibles, notamment avec l’arrivée de Staffan de Mistura, le nouvel envoyé spécial de l’ONU dans la région.

Mais cela pourrait être difficile à accepter pour de nombreux Sahraouis.

Un soldat du Front Polisario prie lors d’un exercice de tir, près de Mehaires, au Sahara occidental (AP/Bernat Armangue)
Un soldat du Front Polisario prie lors d’un exercice de tir, près de Mehaires, au Sahara occidental (AP/Bernat Armangue)

Mohammed Salem a 74 ans. Né à Laayoune, la plus grande ville du Sahara occidental, aujourd’hui sous contrôle marocain, il a rejoint le Front Polisario à l’âge de 26 ans. Celui qui a connu la guerre mais aussi la paix se montre catégorique quant à la direction que les Sahraouis doivent prendre.

« Notre terre ne peut être libérée par la voie diplomatique. Il ne sert à rien de négocier. Trente ans, cela suffisait », soutient-il. « En tant que combattants sahraouis, l’essentiel est que nous ayons de l’espoir. Nous savons que si nous ne prenons pas notre terre par la force, nous ne l’aurons jamais. »

Un règlement négocié

La menace d’une escalade plane, d’autant plus que les tensions entre l’Algérie et le Maroc risquent de s’exacerber. L’Algérie fustige les mesures unilatérales prises par le Maroc et ses succès diplomatiques au Sahara occidental, où divers pays arabes et africains ont commencé à installer des consulats. Alger espère que la nomination de Staffan de Mistura augmentera les chances de parvenir à un règlement négocié.

D’après une source du ministère algérien des Affaires étrangères interrogée par MEE, « la question du Sahara occidental est une question de décolonisation, qui relève de l’ONU. L’Algérie a toujours défendu le droit inaliénable des Sahraouis à l’autodétermination et condamné les agressions commises par le Maroc. »

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Dans le même temps, Mohamed al-Wali Akeik, chef d’état-major de l’armée du Front Polisario, a menacé d’étendre ses opérations au-delà du mur des Sables.

Selon des sources du mouvement, des infrastructures et des installations industrielles marocaines pourraient notamment être ciblées.

Mais les relations entre l’Algérie et le Maroc sont actuellement au plus bas.

En août, Alger a rompu ses relations, invoquant la question du Sahara occidental et des « manœuvres hostiles ». La mort de trois Algériens près de Bir Lahlou en novembre n’a fait qu’envenimer les choses.

Pour le moment, l’heure est venue de lancer l’attaque de roquettes. Les troupes de Mohammed Salem ont attendu les dernières lueurs du jour. Une poignée de combattants d’une vingtaine d’années ont installé un lance-roquettes dans une clairière d’acacias pâles.

Trois roquettes Grad pulvérisent les feuillages dans un hurlement et se dirigent vers la base 9 de la section de Smara. De la fumée s’élève au loin et les yeux des commandants s’écarquillent d’excitation. Dans leur fuite, les visages sont tournés vers le ciel crépusculaire, à la recherche de ces insaisissables drones de combat. Aucun signe.

« Nous comptons sur le soutien des amoureux de la liberté à travers le monde », indique Mohammed Salem. « Nous en sommes certains, nous serons épaulés. Notre cause est juste. »

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.