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Les États du Golfe, nouveaux partenaires de l’occupation israélienne

Depuis la signature des accords d’Abraham, les Émirats arabes unis et Bahreïn pactisent activement avec le mouvement colonial et les autorités militaires d’Israël
Le Premier ministre israélien ainsi que les ministres des Affaires étrangères émirati et bahreïni participent à la cérémonie de signature des accords d’Abraham à la Maison-Blanche, le 15 septembre (AFP)
Le Premier ministre israélien ainsi que les ministres des Affaires étrangères émirati et bahreïni participent à la cérémonie de signature des accords d’Abraham à la Maison-Blanche, le 15 septembre (AFP)

Faire obstacle aux velléités israéliennes d’annexer des pans de la Cisjordanie occupée, tel était le motif déclaré des récents accords d’Abraham, soi-disant « accords de paix » signés avec Israël par les Émirats arabes unis (EAU) et Bahreïn. 

Ceux-ci visaient prétendument à neutraliser un autre plan « de paix » : celui annoncé en début d’année par l’administration du président américain Donald Trump, lequel approuvait l’annexion par Israël de larges régions de Cisjordanie dominées par les colonies juives illégales. 

Les deux États du Golfe claironnaient qu’en signant ces accords en septembre, ils avaient contrecarré efficacement cette initiative, sauvegardant ainsi les espoirs d’un futur État palestinien. Peu d’observateurs ont totalement adhéré à la version officielle – ne serait-ce que parce que le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a juré que l’annexion n’était que suspendue temporairement.

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Le véritable objectif des accords d’Abraham semble moins tenir au fait de sauver les Palestiniens que de permettre aux États du Golfe d’afficher publiquement leurs liens existants avec Israël et les développer.

Il est dorénavant plus facile de partager des renseignements régionaux, en particulier en ce qui concerne l’Iran, et le Golfe accède à la high-tech israélienne ainsi qu’à la technologie militaire et aux systèmes d’armement américains. 

Le Soudan a quant à lui été amené à signer ces accords après une promesse de retrait de la liste des États qui « financent le terrorisme » par Washington, ouvrant la porte à un allégement de la dette et à une aide financière. 

Et la semaine dernière, le Maroc est devenu le quatrième État arabe à nouer des relations officielles avec Israël en échange d’une reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.

Forcer d’autres mains

En retour, Israël peut commencer à « normaliser » ses relations avec un bloc important d’États arabes – sans faire la moindre concession significative envers la cause palestinienne.

Le Qatar et l’Arabie saoudite envisageraient eux aussi de conclure leurs propres accords avec Israël. Jared Kushner, le conseiller pour le Moyen-Orient de Trump, a visité la région ce mois-ci, une tournée qui viserait à forcer d’autres mains. 

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Cependant, Riyad semble plus hésitant après la défaite de Trump à l’élection présidentielle du mois dernier face à Joe Biden. 

La semaine dernière, lors d’une conférence virtuelle organisée à Bahreïn à laquelle assistait le ministre des Affaires étrangères israélien Gabi Ashkenazi, un ancien haut responsable du gouvernement saoudien, Turki ben Fayçal al-Saoud, a lancé une cinglante attaque verbale contre Israël, affirmant qu’il emprisonnait les Palestiniens dans des « camps de concentration » et avait construit un « mur d’apartheid ». On ne sait pas s’il s’exprimait uniquement à titre personnel ou à titre officiel.

Si l’objectif caché des accords d’Abraham était difficile à dissimuler, son objectif déclaré – d’aider les Palestiniens en empêchant l’annexion de la Cisjordanie par Israël – est toujours considéré primordial pour les EAU et Bahreïn afin de faire accepter ces accords par leurs populations.

Mais en pratique, tous deux n’ont pas tardé à abandonner tout faux-semblant selon lequel les Palestiniens bénéficieraient de ces accords.

Par ailleurs, ils ne cherchent plus vraiment à dissimuler le fait qu’ils pactisent activement et tangiblement avec Israël pour nuire aux Palestiniens – en encourageant les colonies illégales d’Israël et en finançant son régime d’occupation militaire. 

La politique commerciale de Bahreïn avec Israël serait alors encore plus laxiste que celle de l’Union européenne, grand partenaire commercial d’Israël

Bahreïn a démontré ce mois-ci son indifférence quant aux impacts négatifs sur les Palestiniens.

Lors d’une visite en Israël, son ministre du Commerce Zayed ben Rachid al-Zayani, a déclaré que Bahreïn était ouvert à l’importation de produits d’Israël, qu’importe leur lieu de fabrication. « Nous n’avons aucun problème avec l’étiquetage ou l’origine », a-t-il assuré.

Cette remarque suggère que Manama est prêt à devenir une porte d’entrée pour l’exportation de produits issus des colonies israéliennes dans le reste du monde arabe, contribuant à encourager la légitimité et la viabilité économique des colonies.

La politique commerciale de Bahreïn avec Israël serait alors encore plus laxiste que celle de l’Union européenne, grand partenaire commercial d’Israël. Les pâles lignes directrices de l’UE recommandent l’étiquetage des produits issus des colonies. 

Peu après la médiatisation des remarques de Zayani, l’agence de presse étatique de Bahreïn a publié un communiqué affirmant qu’il avait été « mal compris » et qu’il n’y aurait aucune importation de marchandises issues des colonies.

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Mais il est difficile de ne pas interpréter ces remarques comme une indication selon laquelle, en coulisse, Bahreïn n’est que trop prompt à acquiescer au refus d’Israël de distinguer les produits israéliens et ceux fabriqués dans les colonies.

Le fait que cela constitue la base commerciale des accords d’Abraham est également souligné par les informations selon lesquelles les EAU font déjà affaire avec les colonies illégales d’Israël. 

Un établissement vinicole israélien, utilisant des raisins cultivés sur le plateau du Golan, (grand plateau du territoire syrien pris par Israël en 1967 et annexé illégalement en 1981), aurait commencé à exporter vers les Émirats arabes unis, qui ont libéralisé sa législation sur l’alcool pour les ressortissants étrangers.

Miel, huile d’olive et pâte de sésame

Cette tournure des événements s’avère fructueuse pour les 500 000 colons israéliens en Cisjordanie occupée. Ils n’ont pas perdu de temps pour faire miroiter des affaires.

La première délégation est arrivée à Dubaï le mois dernier en espérant conquérir de nouveaux marchés dans le monde arabe via les EAU. La semaine dernière, une délégation de colons serait retournée à Dubaï pour signer un accord avec une société émiratie pour l’importation de marchandises issues des colonies, notamment de l’alcool, du miel, de l’huile d’olive et de la pâte de sésame.

Une nouvelle période difficile s’annonce, marquée par des États arabes toujours plus éloignés de leur position originale selon laquelle Israël est une implantation coloniale dans la région, financée par l’Occident, et qu’il ne peut y avoir aucune normalisation – ou de relations normales – avec celui-ci. 

En 2002, l’Arabie saoudite a lancé l’initiative de paix arabe qui offrait à Israël des relations diplomatiques totales en échange de la fin de l’occupation. Mais non seulement les États du Golfe normalisent leurs relations avec Israël tandis que l’occupation s’intensifie, mais ils normalisent leurs relations avec l’occupation elle-même ainsi qu’avec sa progéniture bâtarde, les colonies.

Les accords de paix avec les EAU et Bahreïn aideront les colonies à s’implanter davantage, favorisant la politique israélienne d’annexion (qui n’en a pas le nom) de la Cisjordanie occupée

Israël a bâti plus de 250 colonies à travers une vaste étendue du territoire palestinien occupé – 62 % de la Cisjordanie, qu’on appelle Zone C en vertu des accords d’Oslo. Cette zone est supposée être progressivement transférée à l’Autorité palestinienne (AP), le « futur » gouvernement dirigé par Mahmoud Abbas, pour devenir l’épine dorsale territoriale d’un État palestinien. 

À la place, au cours des 25 dernières années, Israël s’est servi de son contrôle soi-disant temporaire sur la Zone C pour étendre rapidement les colonies, dérobant des terres et ressources vitales. Ces colonies sont très bien intégrées au sein d’Israël, avec des routes coloniales sillonnant la Cisjordanie occupée et limitant fortement la circulation des Palestiniens.

Les accords de paix avec les EAU et Bahreïn aideront les colonies à s’implanter davantage, favorisant la politique israélienne de longue date d’annexion (qui n’en a pas le nom) de la Cisjordanie occupée via la création de réalités sur le terrain – le résultat que les accords d’Abraham étaient censés empêcher. 

Yossi Dagan, directeur du conseil régional de Cisjordanie qui s’est rendu à Dubaï le mois dernier, a déclaré qu’il n’y avait « aucune contradiction entre notre demande d’imposer la souveraineté [annexer de larges pans de la Cisjordanie] et le renforcement de liens commerciaux et industriels » avec le Golfe.

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En d’autres termes, les colons considèrent les accords d’Abraham comme une opportunité commerciale pour étendre leur territoire en Cisjordanie occupée, et non un obstacle.

Le tourisme fait partie des probables gains pour les colons car les visiteurs du Golfe devraient affluer à la mosquée al-Aqsa, à Jérusalem-Est occupée. 

L’ironie, c’est qu’en raison de la confiscation physique par Israël des zones autour de ce lieu saint de l’islam et de son contrôle sur son accès, les Arabes du Golfe auront bien plus de droits à al-Aqsa que la majorité des Palestiniens, qui ne peuvent y accéder.

La Jordanie, depuis longtemps gardienne d’al-Aqsa, craint à juste titre que l’Arabie saoudite puisse se servir d’un futur accord avec Israël pour mettre la main sur le lieu saint, l’ajoutant aux autres lieux saints dont elle a la garde : La Mecque et Médine. 

À Jérusalem-Est occupée, les Palestiniens sont privés de la chance de développer leurs propres logements, sans parler des infrastructures pour faire face aux opportunités commerciales que fournissent l’arrivée de riches Arabes du Golfe.

C’est donc Israël et sa population de colons – et non les Palestiniens – qui seront les mieux placés pour bénéficier des fruits de tout nouveau projet touristique.

Ironie suprême, un membre de la famille régnante d’Abou Dabi a acquis une participation majoritaire dans l’équipe de foot de Beitar Jérusalem, dont les supporters sont résolument hostiles aux Arabes et soutiennent la prise de contrôle de Jérusalem est par les colons. 

Laboratoires palestiniens

Pendant sa visite, Zayani a fait remarquer, alors que son pays se préparait à mettre en place des vols à destination et au départ d’Israël le mois prochain : « Nous sommes fascinés par l’intégration du secteur de l’informatique et de l’innovation en Israël dans chaque aspect de la vie. » 

Mais le secteur technologique israélien est « intégré dans la chaque aspect de la vie » uniquement parce qu’Israël traite les territoires palestiniens occupés comme un laboratoire.

Des tests y sont menés sur la façon de surveiller au mieux les Palestiniens, de limiter physiquement leur circulation et leurs libertés et de collecter leurs données biométriques

Le siège des sociétés high-tech menant ces expériences se trouve peut-être officiellement en Israël, mais elles travaillent et profitent de leurs activités dans les territoires occupés. Elles forment un large complexe de sociétés coloniales à part entière.

C’est pourquoi Nabil Shaath, un conseiller d’Abbas, a fait observer à propos des liens florissant du Golfe avec Israël qu’il était « difficile d’assister à la coopération arabe avec l’une des pires manifestations de l’agression contre le peuple palestinien, à savoir les colonies israéliennes sur notre terre ». 

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L’enthousiasme des EAU et de Bahreïn à se lancer dans le business de l’occupation et à se préparer à financer ses pires aspects, est souligné par le Fonds Abraham, créé par les États-Unis en octobre. C’est un moyen pour les États du Golfe et Israël de s’assurer des milliards de dollars en investissements privés pour soutenir leur nouvelle relation diplomatique. 

Encore une fois, la version officielle passe sous silence la réalité. Selon les déclarations des principaux concernés, ce fonds vise à lever au moins trois milliards de dollars pour encourager la coopération économique et les initiatives de développement régionales.

Le ministre d’État émirati Ahmed Ali al-Sayeh a déclaré : « Cette initiative peut être une source de force technologique et économique pour la région tout en améliorant simultanément la vie de ceux qui ont le plus besoin d’aide ».

Ce fonds est supposé aider les Palestiniens, un des groupes qui ont le plus besoin d’aide. Mais une fois encore, les principaux concernés ne jouent pas franc-jeu. C’est évident au vu du choix de l’administration Trump pour la direction du Fonds Abraham, l’une de ses dernières nominations avant la passation de pouvoir à Biden. 

Selon Jewish Telegraphic Agency, le fonds sera supervisé par Aryeh Lightstone, un rabbin résolument de droite et allié de la communauté des colons d’Israël. Lightstone est un conseiller de David Friedman, l’ambassadeur américain en Israël qui entretient lui-même de forts liens avec les colonies.

Friedman a vivement encouragé les États-Unis à déplacer leur ambassade de Tel Aviv à Jérusalem occupée. Trump a fini par le faire en mai 2018, brisant un consensus international contre le fait d’établir des missions diplomatiques à Jérusalem. 

Modernisation des postes de contrôle

Les priorités politiques de Lightstone sont évidentes au vu de l’un des premiers projets déclarés du Fonds Abraham : « moderniser » les postes de contrôle israéliens à travers la Cisjordanie occupée. 

Cette modernisation des postes de contrôle est saluée par les responsables américains qui l’estiment au bénéfice des Palestiniens. Cela va accélérer leur passage quand ils voudront se déplacer en Cisjordanie occupée et quand ceux qui ont des permis pour pénétrer sur le territoire israélien ou dans les colonies iront y travailler.

Un responsable de l’administration Trump a promis que les retards aux postes de contrôle, qui font que les Palestiniens doivent attendre pendant de longues heures, pourraient être drastiquement réduits : « Si je peux moderniser cela, ce qui ne coûte pas beaucoup d’argent, et faire en sorte que ça prenne 30 secondes, je libérerais 400 000 heures de travail par jour. »

Il y a de nombreux problèmes flagrants avec cette approche – à commencer par le fait qu’en vertu du droit international, les occupations militaires hostiles telles que celles d’Israël doivent être temporaires par nature. L’occupation israélienne perdure depuis plus de cinquante ans déjà. 

Des Palestiniens traversent un poste de contrôle au nord de Hébron, le 4 octobre (AFP)
Des Palestiniens traversent un poste de contrôle au nord de Hébron, le 4 octobre (AFP)

Les efforts pour rendre l’occupation encore plus permanente – en améliorant et peaufinant son infrastructure, notamment via la modernisation pour créer des postes de contrôle dans le style de ceux des aéroports – violent clairement le droit international. Désormais, les États du Golfe seront intimement liés au financement de ces atteintes.

De plus, l’idée que la modernisation des postes de contrôle par le Fonds Abraham aide les Palestiniens – « ceux qui ont le plus besoin d’aide » – ou développe leur économie est totalement ridicule. Ce fonds aide exclusivement Israël, une robuste économie développée, qui est supposé supporter les coûts de son régime militaire sur les Palestiniens. 

La modernisation des postes de contrôle prévue par le Fonds Abraham est en fait une subvention du Golfe aux colonies

Les coûts économiques de l’occupation sont l’une des pressions les plus tangibles sur Israël pour obtenir le retrait de ce territoire et permettre la souveraineté des Palestiniens. Si les États du Golfe riches en pétrole règlent la note, ils vont inciter Israël à rester sur ses positions et dérober encore plus de terres et ressources palestiniennes.

En effet, les heures libérées, en supposant d’abord que cela se produise réellement, ne vont vraisemblablement pas aider l’économie palestinienne ou apporter des avantages financiers aux travailleurs palestiniens qu’Israël a rendus dépendants de son économie avec sa longue occupation. 

Pour développer leur propre économie, les Palestiniens ont besoin qu’on leur rende leurs terres et leurs ressources volées par Israël.

Regrouper les Palestiniens

Si on regarde les choses d’un autre angle, la modernisation des postes de contrôle prévue par le Fonds Abraham est en fait une subvention du Golfe aux colonies. Car le but même des postes de contrôle est la mise en œuvre du contrôle israélien sur le moment et le lieu où les Palestiniens peuvent voyager dans leur patrie. 

Israël utilise les postes de contrôle comme un moyen de regrouper les Palestiniens dans des zones particulières de Cisjordanie occupée, en particulier le tiers sous le contrôle symbolique de l’AP, tout en les empêchant d’accéder au reste du territoire. Cela comprend la privation d’accès aux terres les plus fertiles de Cisjordanie et à ses meilleures sources d’eau. Ce sont les zones où Israël construit et étend ses colonies.

Et les Palestiniens sont dans une bataille à somme nulle contre les colonies pour le contrôle de la terre en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est.

Toute aide que reçoit Israël pour restreindre leur circulation à travers des postes de contrôle constitue une perte pour les Palestiniens et une victoire pour les colons.

La modernisation des postes de contrôle permettra simplement de regrouper bien plus efficacement les Palestiniens à l’endroit où Israël et les colons veulent qu’ils soient.

En s’associant avec Israël pour la modernisation des postes de contrôle, le Golfe va aider Israël à rendre sa technologie de confinement et de contrôle de la population palestinienne encore plus sophistiquée, bénéficiant une fois de plus aux colons. 

Voilà la vraie version des accords d’Abraham par le Golfe – il s’agit non seulement de fermer les yeux sur les décennies d’oppression des Palestiniens par Israël, mais de s’associer activement avec Israël et les colons pour perpétrer cette oppression. 

- Jonathan Cook est un journaliste britannique basé à Nazareth depuis 2001. Il a écrit trois ouvrages sur le conflit israélo-palestinien. Il a remporté le prix spécial de journalisme Martha Gellhorn. Son site Web et son blog sont disponibles à l’adresse : www.jonathan-cook.net

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique éditoriale de Middle East Eye.

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.

Jonathan Cook
Jonathan Cook is the the author of three books on the Israeli-Palestinian conflict, and a winner of the Martha Gellhorn Special Prize for Journalism. His website and blog can be found at: www.jonathan-cook.net